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VI. Héloïse
La pension que j’habitais avait un voisinage de jeunes brodeuses. L’une d’elles, qu’on appelait la Créole, fut l’objet de mes premiers vers d’amour; son œil sévère, la sereine placidité de son profil grec, me réconciliaient avec la froide dignité des études; c’est pour elle que je composai des traductions versifiées de l’ode d’Horace A Tyndaris , et d’une mélodie de Byron, dont je traduisais ainsi le refrain:
Quelquefois, je me levais dès le point du jour et je prenais la route de ***, courant et déclamant mes vers au milieu d’une pluie battante. La cruelle se riait de mes amours errantes et de mes soupirs! C’est pour elle que je composai la pièce suivante, imitée d’une poésie de Thomas Moore:
J’échappe à ces amours volages pour raconter mes premières peines. Jamais un mot blessant, un soupir impur, n’avaient rouillé l’hommage que je rendais à mes cousines. Héloïse, la première, me fit co
– Pardon, reine, m’écriai-je, je me croyais le Tasse aux pieds d’Eléonore, ou le tendre Ovide aux pieds de Julie!…
Elle ne put rien me répondre, et nous restâmes tous deux muets dans une demi-obscurité. Je n’osai lui baiser la main car mon cœur se serait brisé. – O douleurs et regrets de mes jeunes amours perdues! que vos souvenirs sont cruels! «Fièvres éteintes de l’âme humaine, pourquoi revenez-vous encore échauffer un cœur qui ne bat plus?» Héloïse est mariée aujourd’hui; Fanchette, Sylvie et Adrie