Добавить в цитаты Настройки чтения

Страница 18 из 38

Son ami lui demanda s’il co

– As-tu lu, dit Boulmier, la notice de Courajod?

«Bon!» me dis-je.

– Oui, répondit Gélis; c’est un travail consciencieux.

– As-tu lu, dit Boulmier, l’article de Tamisey de Larroque dans la Revue des questions historiques ?

«Bon!» me dis-je pour la seconde fois.

– Oui, répondit Gélis, et j’y ai trouvé des indications utiles.

– As-tu lu, dit Boulmier, le Tableau des abbayes bénédictines en 1600 , par Sylvestre Bo

«Bon!» me dis-je pour la troisième fois.

– Mon Dieu! non, répondit Gélis. Et je ne sais si je le lirai. Sylvestre Bo

En tournant la tête, je vis que l’ombre avait gagné la place où j’étais. Il faisait frais et je m’estimai fort sot de risquer un rhumatisme à écouter les impertinences de deux jeunes fats.

«Ah! ah! me dis-je en me levant. Que cet oisillon jaseur fasse sa thèse et la soutie

17 avril.

– Thérèse, do

Mais Thérèse est sourde comme un sac de charbon et lente comme la justice. Les ans en sont la cause. Le pis est qu’elle croit avoir ouïe fine et bon pied: et, fière de ses soixante ans d’ho

Que vous disais-je?… La voici qui ne veut pas me do

Depuis trente ans, je la porte, cette ca

– Pense fortement de grandes choses, et sache que la pensée est la seule réalité du monde. Hausse la nature à ta taille, et que l’univers entier ne soit pour toi que le reflet de ton âme héroïque. Combats pour l’ho

Et Sancho Pança me dit à son tour:

– Reste ce que le ciel t’a fait, mon compère. Préfère la croûte de pain qui sèche dans ta besace aux ortolans qui rôtissent dans la cuisine du seigneur. Obéis à ton maître, sage ou fou, et ne t’embarrasse pas le cerveau de trop de choses inutiles. Crains les coups: c’est tenter Dieu que de chercher le péril.

Mais si le chevalier incomparable et son non pareil écuyer sont en image au bout de ce bâton, ils sont en réalité dans mon for intérieur. Nous avons tous en nous un Don Quichotte et un Sancho que nous écoutons, et alors même que Sancho nous persuade, c’est Don Quichotte qu’il nous faut admirer… Mais trêve de radotage! et allons chez madame de Gabry pour une affaire qui passe le train ordinaire de la vie.

Même jour.

Je trouvai madame de Gabry vêtue de noir et mettant ses gants.

– Je suis prête, me dit-elle.

Prête, c’est ainsi que je l’ai trouvée en toute occasion de bien faire.

Nous descendîmes l’escalier et montâmes en voiture.

Je ne sais quelle secrète influence je craignais de dissiper en rompant le silence, mais nous suivîmes les larges boulevards déserts en regardant, sans rien dire, les croix, les cippes et les couro

Le fiacre s’arrêta aux derniers confins de la terre des vivants, devant la porte sur laquelle sont gravées des paroles d’espérance.

Nous allâmes le long d’une allée de cyprès, puis nous suivîmes un chemin étroit ménagé entre des tombes.

– C’est là, me dit-elle.

Sur la frise ornée de torches renversées, cette inscription était gravée:

FAMILLES ALLIER ET ALEXANDRE

Une grille fermait l’entrée du monument. Au fond, surmontant un autel couvert de roses, une plaque de marbre portait des noms parmi lesquels je lus ceux de Clémentine et de sa fille.

Ce que je ressentis alors fut quelque chose de profond et de vague qui ne peut s’exprimer que par les sons d’une belle musique. J’entendis des instruments d’une douceur céleste chanter dans ma vieille âme. Aux graves harmonies d’un hymne funéraire se mêlaient les notes voilées d’un cantique d’amour, car mon âme confondait dans un même sentiment la morne gravité du présent et les grâces familières du passé.

En quittant cette tombe que madame de Gabry avait parfumée de roses, nous traversâmes le cimetière sans nous rien dire. Quand nous fûmes de nouveau au milieu des vivants, ma langue se délia.

– Tandis que je vous suivais dans ces allées muettes, dis-je à madame de Gabry, je songeais à ces anges des légendes qu’on rencontre aux confins mystérieux de la vie et de la mort. La tombe à laquelle vous m’avez conduit, et que j’ignorais comme presque tout ce qui touche celle qu’elle recouvre avec les siens, m’a rappelé des émotions uniques dans ma vie et qui sont dans cette vie si terne comme une lumière sur un chemin noir. La lumière s’éloigne à mesure que la route s’allonge; je suis presque au bas de la dernière côte, et pourtant, je vois la lueur aussi vive chaque fois que je me retourne. Les souvenirs se pressent dans mon âme. Je suis comme un vieux chêne noueux et moussu qui réveille des nichées d’oiseaux chanteurs en agitant ses branches. Par malheur la chanson de mes oiseaux est vieille comme le monde et ne peut amuser que moi.

– Cette chanson me charmera, me dit-elle. Contez-moi vos souvenirs, et parlez-moi comme à une vieille femme. J’ai trouvé ce matin trois fils blancs dans mes cheveux.

– Voyez-les venir sans regret, madame, répondis-je: le temps n’est doux que pour ceux qui le pre

» M. de Lessay habitait le second étage d’une vieille maison de l’avenue de l’Observatoire, dont la façade de plâtre ornée de bustes antiques et le grand jardin sauvage furent les premières images qui s’imprimèrent dans mes yeux d’enfant; et sans doute, lorsque viendra le jour inévitable, elles se glisseront les dernières sous mes paupières appesanties. Car c’est dans cette maison que je suis né; c’est dans ce jardin que j’appris, en jouant, à sentir et à co

» Ma mère était une créature bien heureusement douée. Elle se levait avec le soleil comme les oiseaux, auxquels elle ressemblait par l’industrie domestique, par l’instinct maternel, par un perpétuel besoin de chanter et par une sorte de grâce brusque que je sentais fort bien, tout enfant que j’étais. Elle était l’âme de la maison, qu’elle remplissait de son activité ordo