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– Dès qu’il sera un peu mieux, dit le médecin, il faudra le retirer de cette chambre et l’éloigner de tout ce qui pourrait lui rappeler cette femme. Au bout d’une dizaine de jours le délire devint moins fréquent. On transporta Olivier au logement de Lazare, situé près de la maison d’Urbain. Les Buveurs d’eau mirent leur habitation sens dessus dessous pour laisser une chambre libre au malade. Enfin le médecin commença à do
En ce moment, à quelques pas du banc où ils étaient assis, un jeune homme passait avec une jeune femme, se tenant par le bras et riant tout haut. Leurs éclats de rire firent tourner la tête à Olivier. Avant que Lazare et Valentin eussent eu le temps de le retenir, il s’était levé de son banc et avait couru après Urbain.
– Olivier! s’écria Urbain en reco
La compagne d’Urbain s’était retirée un peu à l’écart.
– Et Marie? demanda Olivier, dont le cœur avait tout d’abord tremblé en rencontrant le peintre son ami avec une femme.
– Mais, dit Urbain, j’ai été absent de Paris. D’ailleurs je ne m’en suis point inquiété. J’ai l’oubli prompt. Voici qui doit te le prouver, ajouta Urbain en montrant du doigt la jeune femme qui était avec lui.
– Oh! fit Olivier avec un éclair de regard qui trahissait la joie intérieure, j’étais bien sûr que tu ne l’aimais pas.
– Celle-là aussi s’appelle Marie, dit Urbain en indiquant sa nouvelle maîtresse, et je l’aime beaucoup depuis hier. Marie est morte, Vive Marie!
– J’irai vous voir, dit Olivier en quittant Urbain.
Cette rencontre le laissa calme, et il rentra à la maison presque gai. Le lendemain, accompagné de Lazare, Olivier alla pour voir son père et lui demander de l’argent qui lui revenait. Son père était absent, mais il trouva la servante.
– Ah! monsieur, lui dit-elle, je suis bien contente de vous revoir. Voici une lettre pour vous. C’est une dame qui l’a apportée pendant que votre père n’y était pas, heureusement! Car il l’aurait déchirée comme il a fait des autres. Il était bien en colère après cette dame, et il m’a menacé de me renvoyer si je lui do
Olivier avait déjà ouvert la lettre. Elle était de Marie et ne contenait que ces mots:
«Depuis quinze jours que je suis libre, je vous ai écrit trois fois: Vous ne m’avez pas répondu, Olivier! Vous avez cru comme tant d’autres, sans doute, en me voyant arrêtée, que j’étais coupable. Pourtant on ne voulait de moi que des renseignements sur mon mari. Je ne savais rien, je n’ai pu rien dire. On m’a remise en liberté. Voilà quinze jours que je vous attends. Vous ne m’avez pas pardo
– Quand vous a-t-on remis cette lettre? demanda Olivier à la servante.
– Il y a cinq ou six jours, répondit celle-ci.
– Il est trop tard! s’écria Olivier. Oh! mon père! Cependant il força Lazare à l’accompagner à l’ancie
– Madame Duchampy est partie depuis quatre jours, dit le portier.
– J’aime mieux ça! murmura Lazare; et il emmena Olivier.
– Au moins Urbain ne l’a pas revue, pensa Olivier, dont l’amour commençait à tourner à la poésie.