Добавить в цитаты Настройки чтения

Страница 2 из 33

– Mais alors…

– Voici, monsieur, puisque cette confidence paraît vous intéresser, le motif de ma mort. Il y a deux ans, au milieu d’un souper, j’ai parié avec un de mes amis que je mourrais avant lui. La somme engagée est très considérable, et le pari est co

Ulric resta stupéfait.

– Maintenant, monsieur, que vous avez reçu ma confidence, je vous rappellerai la promesse que vous m’avez faite, dit l’Anglais, qui, monté sur le tronc d’arbre, venait de se remettre la corde au cou.

– Un instant, monsieur, de grâce, je n’aurai jamais le courage.

– Eh! monsieur, dit l’autre, pourquoi donc m’avoir interrompu alors? Je n’ai pas de temps à perdre si je veux gagner mon pari. Il est minuit moins dix minutes, et à minuit il faut absolument que je sois mort.

En disant ces mots, voyant que l’aide d’Ulric allait lui faire défaut, l’Anglais chassa d’un coup de pied le tronc d’arbre qui l’attachait encore à la terre et se trouva suspendu.

L’agonie commença sur-le-champ. Ulric ne put assister de sang froid à cet horrible spectacle, et se sauva dans un champ voisin.

Au bout d’une demi-heure il revint près de l’arbre changé en gibet, et trouva l’Anglais roide, immobile, parfaitement mort. Cette vue do

Il en était là de ses hésitations quand il aperçut à terre le portefeuille de l’Anglais pendu. Ulric l’ouvrit et y trouva une foule de papiers, et entre autres un passeport d’une date récente et pris au nom de sir Arthur Sydney. Ces papiers étaient ceux du défunt; et ce nom d’Arthur était également le sien; et voici l’idée qui vint à l’esprit d’Ulric: il prit son portefeuille, qui contenait les papiers attestant son identité à lui, et les glissa dans le portefeuille du mort, après en avoir retiré le passeport et les autres papiers, qu’il mit dans sa poche.

Grâce à ce stratagème, Ulric passa pour mort. Son suicide, a

– Tout cela est, en vérité, très merveilleux, dit Chaba

– Je crois qu’il prendra un autre nom, répondit Tristan.

– Mais, fit observer M. de Chaba

– Il n’ira pas dans le monde, dit Tristan; je veux dire par là qu’il ne fréquentera pas cette partie de la société parisie

– Il aura tort, fit le comte de Puyrassieux. Dans les premiers jours son aventure pourra lui attirer quelques regards, on chuchotera peut-être sur son passage; mais au bout d’une semaine on n’y pensera pas, et on parlera d’autre chose. Sa position sera au contraire fort avantageuse. Toutes les femmes vont se l’arracher.

– Ulric ne retournera plus dans le monde, messieurs, dit Tristan.

– Mais pourquoi? demandèrent les jeunes gens.

– Pourquoi? dit tout à coup l’indifférente Fa

– Ruiné! dirent les jeunes gens.

– Nécessairement, continua Fa

– Eh bien, dit M. de Puyrassieux, l’oncle fera une restitution d’héritage.

– Il ne le pourra plus, continua la blonde Fa

– Ah! la bo

– J’ai dit ce que j’ai dit, répéta Fa

– Ah çà! mais il avait donc un vice secret, ce vieillard? demanda Chaba

– Il était l’ami de madame de Villerey, répondit Fa

– Eh bien, la maison de banque de Villerey est une bo

– La maison de Villerey a perdu dix-sept millions à la bourse dans la quinzaine dernière, dit Fa

– Il emporte vos regrets, n’est-il pas vrai, ma chère? fit M. de Puyrassieux avec un sourire qui était une allusion.

– Il m’emporte aussi soixante-quinze mille francs, c’est ce qui me rend un peu maussade ce soir; mais c’est une leçon, cela m’apprendra à faire des économies, ajouta la jeune femme.

En ce moment un garçon du restaurant vint avertir Tristan qu’un monsieur le faisait demander.

– C’est Ulric sans doute, dit Tristan; et, se retournant vers Fa

– Ma chère enfant, vous vous êtes trompée, mon ami Ulric n’est pas ruiné.

– Eh bien, qu’est-ce que cela me fait, à moi? dit Fa

– Remettez votre masque un instant, continua Tristan.

– Mais… pourquoi? demanda la jeune femme, en rattachant néanmoins son loup de velours.

– Qui sait? dit Tristan, peut-être pour regagner les soixante-quinze mille francs que vous avez perdus.

II

Trois jours auparavant Ulric de Rouvres était à Plymouth, et, sous le nom d’Arthur Sydney, s’apprêtait à partir pour l’Inde anglaise, où il voulait aller faire la guerre sous les drapeaux de Sa Majesté brita

Voici quel était le contenu de la lettre qui avait motivé cette arrivée si prompte:

«Mon cher Ulric,

«Vous savez si je suis votre ami. Je crois vous en avoir do