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– Mais qu'as-tu fait depuis que je t'ai écrit?
– Ne m'interroge pas! reprit vivement Musette en l'embrassant à plusieurs reprises; ne me demande rien! Laisse-moi me chauffer à côté de toi pendant qu'il fait froid. Tu vois, j'avais mis ma plus belle robe pour venir… Ce pauvre Maurice, il ne comprenait rien quand je suis partie pour venir ici; mais c'était plus fort que moi… Je me suis mise en route… C'est bon, le feu, ajouta-t-elle en approchant ses petites mains de la flamme. Je resterai avec toi jusqu'à demain. Veux-tu?
– Il fera bien froid ici, dit Marcel, et nous n'avons pas de quoi dîner. Tu es venue trop tard, répéta-t-il.
– Ah! Bah! dit Musette, ça ressemblera mieux à autrefois.
Rodolphe, Colline et Schaunard restèrent vingt-quatre heures à aller chercher leur tabac. Quand ils revinrent à la maison, Marcel était seul.
Après six jours d'absence, le vicomte Maurice vit arriver Musette.
Il ne lui fit aucun reproche, et lui demanda seulement pourquoi elle paraissait triste.
– Je me suis querellée avec Marcel, dit-elle, nous nous sommes mal quittés.
– Et pourtant, dit Maurice, qui sait? Vous retournerez encore auprès de lui.
– Que voulez-vous? fit Musette, j'ai besoin de temps en temps d'aller respirer l'air de cette vie-là. Mon existence folle est comme une chanson; chacun de mes amours est un couplet; mais Marcel en est le refrain.