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– Elles aimeraient mieux un chapeau ou des bottines, lui disaient ses amis.

Mais Rodolphe s'obstinait, et jusqu'ici les nombreuses écoles qu'il avait commises n'avaient pu le guérir. Il attendait toujours une femme qui voulût bien poser en idole, un ange en robe de velours à qui il pourrait tout à son aise adresser des so

Enfin, Rodolphe entendit so

Au même moment on frappa deux coups timides à la porte. Rodolphe alla ouvrir; c'était Louise.

– Je suis de parole, dit-elle, vous voyez!

Rodolphe ferma les rideaux et alluma une bougie neuve.

Pendant ce temps, la petite s'était débarrassée de son châle et de son chapeau, qu'elle alla poser sur le lit. L'éblouissante blancheur des draps la fit sourire, et presque rougir.

Louise était plutôt gracieuse que jolie; sa fraîche figure offrait un piquant mélange de naïveté et de malice. C'était quelque chose comme un motif de Greuze arrangé par Gavarni. Toute la jeunesse attrayante de la jeune fille était adroitement mise en relief par une toilette qui, bien que très-simple, attestait chez elle cette science i

Après avoir causé une heure avec Louise, Rodolphe lui montra comme exemple le groupe de l'amour et psyché.

– Est-ce pas Paul et Virginie? dit-elle.

– Oui, répondit Rodolphe, qui ne voulut pas d'abord la contrarier par une contradiction.

– Ils sont bien imités, répondit Louise.

– Hélas! pensa Rodolphe en la regardant, la pauvre enfant n'a guère de littérature. Je suis sûr qu'elle se borne à l'orthographe du cœur, celle qui ne met point d's au pluriel. Il faudra que je lui achète un Lhomond.

Cependant, comme Louise se plaignait d'être gênée dans sa chaussure, il l'aida obligeamment à délacer ses bottines.

Tout à coup la lumière s'éteignit.

– Tiens, s'écria Rodolphe, qui donc a soufflé la bougie?

Un joyeux éclat de rire lui répondit.

Quelques jours après, Rodolphe rencontra dans la rue un de ses amis.

– Que fais-tu donc? Lui demanda celui-ci. On ne te voit plus.

– Je fais de la poésie intime, répondit Rodolphe.

Le malheureux disait vrai. Il avait voulu demander à Louise plus que la pauvre enfant ne pouvait lui do

Huit jours après, au même bal où elle avait trouvé Rodolphe… Louise rencontra un jeune homme blond, qui la fit danser plusieurs fois, et à la fin de la soirée il la reconduisit chez lui.

C'était un étudiant de seconde a

Louise lui demanda du papier et de l'encre, et écrivit à Rodolphe une lettre ainsi conçue:

«Ne conte plus sur moi du tout, je t'embrâse pour la dernière foi. Adieu.

«Louise.»

Comme Rodolphe lisait ce billet le soir en rentrant chez lui, sa lumière mourut tout à coup.

– Tiens, dit Rodolphe en manière de réflexion, c'est la bougie que j'ai allumée le soir où Louise est venue: elle devait finir avec notre liaison. Si j'avais su, je l'aurais choisie plus longue, ajouta-t-il avec un accent moitié dépit, moitié regret, et il déposa le billet de sa maîtresse dans un tiroir qu'il appelait quelquefois les catacombes de ses amours.

Un jour, étant chez Marcel, Rodolphe ramassa à terre, pour allumer sa pipe, un morceau de papier sur lequel il reco

– J'ai, dit-il à son ami, un autographe de la même perso

– Ça prouve que tu es un niais, lui répondit Marcel: les blanches épaules et les bras blancs n'ont pas besoin de savoir la grammaire.