Добавить в цитаты Настройки чтения

Страница 30 из 82

– Y a les ordo

– Les cuistots et les sous-cuistots.

– Les sergents-majors et le plus souvent les fourriers.

– Les caporaux d'ordinaire et les corvées d'ordinaire.

– Qué'ques piliers de bureau et la garde du drapeau.

– Les vaguemestres.

– Les conducteurs, les ouvriers et toute la section, avec tous ses gradés, et même les sapeurs.

– Les cyclistes.

– Pas tous.

– Presque tout le service de santé.

– Pas des brancardiers, bien entendu, puisque non seulement i's font un foutu métier, mais qu'i's s'logent avec les compagnies et en cas d'assaut, chargent avec leur brancard; mais les infirmiers.

– C'est presque tous curés, surtout à l'arrière. Parce que, tu sais, les curés qui portent le sac, j'en ai pas vu lourd, et toi?

– Moi non plus. Dans les journaux, mais pas ici.

– Y en a eu, i' paraît.

– Ah!

– C'est égal! L'fantassin i' prend qu'èque chose dans guerre-là.

– Y en a d'autres aussi qui sont exposés. Y en a pas qu'pour nous!

– Si, dit âprement Tulacque, y en a presque que pour nous!

Il ajouta:

– Tu m'diras – j'sais bien c'que tu vas m'dire – que les automobilistes et les artilleurs lourds ont pris à Verdun. C'est vrai, mais i's ont tout d'même le filon à côté d'nous. Nous, on est exposés toujours comme eux l'ont été une fois (et même on a en plus les balles et les grenades qu'i's n'ont pas). Les artilleurs lourds, i's ont élevé des lapins près d'leurs guitounes, et i's ont fait des omelettes pendant dix-huit mois. Nous, on est vraiment au danger; ceux qui y sont en partie, ou une fois, n'y sont pas. Alors, comme ça, tout le monde y serait: la bo

– À la première expédition des Dardanelles, y a bien un pharmacien blessé par un éclat. Tu m'crois pas? C'est vrai pourtant, un officier à bordure verte, blessé!

– C'est l'hasard, comme j'l'écrivais à Mangouste, conducteur d'un cheval haut-le-pied à la section, et qui a été blessé, mais lui c'était par un camion.

– Mais oui, c'est tel que ça. Après tout, une bombe peut dégringoler sur une promenade à Paris, ou à Bordeaux.

– Oui, oui. Alors c'est trop facile de dire: «Faisons pas d'différence entre les dangers!» Minute. Depuis le commencement, y en a quelques-uns d'eux autres qui ont été tués par un malheureux hasard: de nous, y en a qué'qu's-uns qui vivent encore, par un hasard heureux. C'est pas pareil, ça, vu qu'quand on est mort c'est pour longtemps.

– Voui, dit Tirette, mais vous d'venez empoiso

– Moi, dit Pépin, j'm'en fais pas pour les embusqués ou les demi-embusqués, pisque c'est perdre le temps qu'on a, mais où j'les ai à la caille, c'est quand i' crânent. J'suis d'l'avis d'Volpatte: qu'i's filo

– Ça dépend des engagés. Ceux qui se sont engagés sans conditions, dans l'infanterie, moi, j' m'incline devant ces hommes-là, autant que d'vant ceux qui sont tués; mais les engagés dans les services ou les armes spéciales, même l'artillerie lourde, i' commencent à m'taper sur l'os. On les co

– J'co

– Oui, mais c'est toujours la même histoire. I' n'aurait pas pu dire après dans les salons: «Tenez, me v'la: regardez ma gueule d'engagé volontaire!»

– Qu'est-ce que j'dis «il aurait aussi bien fait!» Il aurait beaucoup mieux fait, oui. Au moins il aurait carrément fait rigoler les autres, au lieu d'les faire rire jaune.

– Tout ça, c'est d'la bath potiche peinte à neuf et bien décorée, de toutes sortes de décorations, mais qui ne va pas au feu.

– Si n'y avait qu'des gars comme ça, les Boches s'raient à Bayo

– Quand y a la guerre, on doit risquer sa peau, pas, caporal?

– Oui, dit Bertrand. Il y a des moments où le devoir et le danger c'est exactement la même chose. Quand le pays, quand la justice et la liberté sont en danger, ce n'est pas en se mettant à l'abri qu'on le défend. La guerre signifie au contraire danger de mort et sacrifice de la vie pour tout le monde, pour tout le monde: perso

– Vois-tu, y a eu trop d'gens riches et à relations qui ont crié: «Sauvons la France! – et commençons par nous sauver!» À la déclaration de la guerre, y a eu un grand mouvement pour essayer de se défiler, voilà c'qu'y a eu. Les plus forts ont réussi. J'ai remarqué, moi, dans mon p'tit coin, qu'c'étaient surtout ceux qui gueulaient le plus, avant, au patriotisme… – En tout cas – comme ils disaient tout à l'heure, eux autres – si on s'carre à l'abri, la dernière vacherie qu'on puisse faire c'est d'faire croire qu'on a risqué. Pa'c que ceux qui risquent vraiment, j'te l'redis, méritent le même hommage que les morts.

– Et pis après? C'est toujours comme ça, mon vieux. Tu changeras pas l'homme.

– Rien à faire. Rouspéter, t'plaindre? Tiens, en fait d'plainte, t'as co

– Margoulin, c'bon type de chez nous qu'on a laissé mourir sur le Crassier parc' qu'on l'a cru mort?

– Eh ben, lui voulait s'plaindre. Tous les jours i' parlait d'faire une réclamation sur tout ça là-dessus au capitaine, au commandant, et de d'mander qu'i' soit établi que chacun montera à son tour aux tranchées. Tu l'entendais dire après la croûte: «J'y dirai, vrai comme v'là un quart de vin là.» Et l'instant d'après: «Si j'y dis pas, c'est qu'jamais y a un quart de vin là.» Et si tu r'passais tu l'r'entendais: «Tiens, c'est-i' un quart de vin ça? Eh bien, tu verras si j'y dirai!» Total: i' n'a rien dit du tout. Tu m'diras: «Il a été tué.» C'est vrai, mais avant, il avait eu largement le temps de le faire deux mille fois s'il avait osé.

– Tout ça, ça m'emmerde, gronda Blaire, sombre, avec un éclair de fureur.

– Nous autres, on n'a rien vu – vu qu'on voit rien.

– Mais si on voyait!…

– Mon vieux, s'écria Volpatte, les dépôts, écoute bien c'que j'vais t'dire: faudrait détourner dans eux tous, tout partout, la Seine, la Garo

Le soldat se tut. Au loin, il voyait, lui, la nuit qu'on passe, recroquevillé, palpitant d'attention et tout noir, au fond du trou d'écoute dont se silhouette, tout autour, la mâchoire déchiquetée, chaque fois qu'un coup de canon jette son aube dans le ciel.

Cocon fit amèrement:

– Ça ne do

– Mais si, reprend placidement quelqu'un, mais si… N'exagère pas, voyons, peau d'hareng saur.