Добавить в цитаты Настройки чтения

Страница 70 из 93

Enfin, la visite infructueuse que le poète avait faite de la mystérieuse maison de la ruelle aux Réservoirs apportait une preuve de plus aux dires de de Bernis qui lui avait affirmé que Jea

À défaut de tout autre sentiment, son intérêt, celui de Jea

À son tour, il raconta point par point tout ce qui lui était arrivé depuis la scène de la route de Versailles jusqu’à son évasion si heureusement menée à bo

Malheureusement, de même que Crébillon ne s’était pas attaché à décrire les lieux, se bornant à raconter les événements, et à répéter les paroles ayant trait à Mme d’Étioles, de même d’Assas oublia de décrire au poète la mystérieuse retraite qu’il avait habitée et où il avait conduit Jea

Cet oubli de part et d’autre, ou pour mieux dire, ce peu d’importance qu’ils attachaient à la description d’une maison que tous deux avaient reco

Il est clair, en effet, que si d’Assas avait parlé des quatre pavillons dont se composait cette retraite, Crébillon, qui n’avait vu que le premier qui servait de façade apparente aux trois autres, eût été frappé de ce fait.

Il est clair qu’il en eût aussitôt fait la remarque à d’Assas et que, de détail en détail, ils n’eussent pas été aussi pleinement convaincus et se fussent demandé si Mme d’Étioles n’était pas tout simplement cachée dans un des trois pavillons intérieurs, pendant qu’on laissait complaisamment visiter le premier en façade.

Sans deviner précisément la manœuvre de M. Jacques, des doutes leur seraient venus sans doute et, avant de renoncer à toute surveillance de ce côté, il est probable qu’ils eussent voulu s’assurer, avant de se tourner d’un autre côté, si Jea

Malheureusement, cette idée ne leur vint ni à l’un ni à l’autre et peut-être cet oubli fut-il un bien pour d’Assas, qui n’eût peut-être pas hésité à aller frapper à la porte du redoutable général des jésuites, ce qui eût été comme une manière de se constituer priso

Sans compter que c’était s’exposer bénévolement au poignard du comte du Barry, traîtreusement embusqué dans quelque coin de la sombre demeure.

Quoi qu’il en soit, ce point important leur échappa complètement.

Mais, à part cette erreur, les explications franches et nettes qu’ils se do

Aussi, lorsque d’Assas eut fini de parler, Crébillon avec cette rondeur de manières qui lui était particulière, résuma-t-il leur commune impression par ces mots:

– Vous voyez, monsieur, que le meilleur moyen que nous avions de nous entendre était de parler à cœur ouvert, comme il convient, du reste, à d’ho

– Certes!… Je ne vous contredirai point là-dessus, car si je possède une seule qualité, c’est la franchise précisément.

– Vous êtes trop modeste… Vous n’avez pas que cette qualité, je le vois à votre mine qui, d’ailleurs, me revient tout à fait. Aussi, je vous dis tout net que vous pouvez faire état de moi comme d’un ami.

– J’accepte cette amitié en échange de la mie

– Voilà qui est au mieux. En attendant que décidons-nous?… Me voici débarrassé du remords d’avoir livré Jea

– Mon opinion, dit d’Assas, est que nous devons effectuer nos recherches à Paris.

– C’est aussi mon avis répondit Crébillon. Le mieux est donc de partir demain matin, avant que votre fuite soit co

– Non pas, s’il vous plaît. Avant de quitter Versailles, j’ai deux mots à dire à quelqu’un de ma co

– Diable!… ce n’est peut-être pas très prudent, cela?…

– Bah! laissez donc… ce sera vite fait… Au surplus, peut-être vaudrait-il mieux rester ici quelque temps… on va me chercher tout droit à Paris et je gagerais qu’on n’aura pas un seul instant l’idée que j’ai pu rester tout bo

– C’est peut-être vrai ce que vous dites là… pourvu que vous ne fassiez pas d’imprudences, répondit Crébillon, que le ton de d’Assas, lorsqu’il avait dit qu’il voulait dire deux mots à quelqu’un avant son départ, inquiétait vaguement.

– Je vous promets d’être raiso

– À la garde de Dieu! dit Crébillon en secouant la tête, car il devinait dans l’attitude du chevalier la résolution bien arrêtée de ne partir qu’après avoir accompli une besogne tracée d’avance.

Sur ces mots, comme la soirée était très avancée, que l’hôte était couché et que les deux nouveaux amis jugeaient prudent de ne pas attirer son attention sur l’évadé, il fut décidé que Noé Poisson céderait son lit au chevalier et s’arrangerait de son mieux dans un fauteuil.

L’ivrogne, ainsi qu’on a pu le remarquer, avait assisté à l’entretien de Crébillon et de d’Assas sans y prendre une part active.

Le poète ayant constamment négligé de prendre l’avis de son vieux compagnon, d’Assas, d’instinct, avait imité cet exemple.

Noé, de son côté, confiant dans la supériorité de Crébillon, l’avait laissé sagement diriger l’entretien à sa guise, se contentant, pour toute intervention, de pousser quelques grognements approbatifs de-ci de-là, ne comprenant pas toujours ce qui se disait et n’ayant, manifestement, qu’un souci: veiller attentivement à remplir les verres au fur et à mesure qu’on les vidait.

Il va sans dire qu’il ne s’oubliait pas lui-même, tant et si bien que, lorsque les deux interlocuteurs eurent fini de s’expliquer, un ronflement sonore vint leur révéler que l’excellent Noé était parti pour le pays des songes.

Et voilà pourquoi il fut décidé que d’Assas occuperait le lit de l’ivrogne, qu’on laissa tranquillement cuver son vin dans le fauteuil où il s’était endormi, sans plus s’inquiéter de lui, Crébillon ayant déclaré que son ami avait l’habitude de ces sortes de situations et qu’il dormirait là jusqu’au matin aussi bien que dans son lit.

Le lendemain matin, le chevalier déclara au poète qu’il allait sortir, qu’il ne resterait probablement pas longtemps absent, et le priait d’attendre son retour.

Crébillon répondit:

– Vous êtes bien décidé?… N’allez-vous pas faire quelque folie?… commettre quelque imprudence irréparable?…

– Rassurez-vous, je ne cours aucun risque… D’ailleurs, il le faut… je ne partirai pas d’ici avant d’avoir eu avec quelqu’un… l’explication que je désire.

– Allez donc, répondit Crébillon, voyant que toute résistance serait inutile et que le chevalier était buté dans son idée et fermement résolu à la mettre à exécution; allez donc, mais, pour Dieu! prenez des précautions.

– Soyez tranquille, dit d’Assas en souriant, je ne tiens nullement à redevenir le pensio

– Une ca

– Voici la mie

Ce disant, il tendait sa ca

C’était une ca

Mais si le bâton était très simple, en revanche, il était fort solide et cela se conçoit aisément, puisqu’il était destiné à supporter le poids de la précieuse perso

La ca

– Vous m’avez recommandé la prudence, voyez si je suis votre conseil… Nous sommes à peu près de la même taille, n’auriez-vous pas un costume de rechange à me prêter?… celui que je porte est peut-être signalé à l’heure qu’il est… J’abuse de votre obligeance, cher monsieur, mais ne vous en prenez qu’à vous-même et à vos conseils que je suis strictement.