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De toutes ces considérations il ressortait pour M. Jacques qu’il fallait à tout prix laisser tout le monde dans l’ignorance de la retraite de Mme d’Étioles et cacher non moins soigneusement l’état alarmant de sa santé.

Qu’un hasard malencontreux apprit à un de ses amis le lieu de cette retraite, que cet ami, à son tour, apprit au roi que celle qu’il croyait traîtresse et parjure se mourait d’amour pour lui, et le roi, immensément flatté de cette preuve d’amour évidente, les yeux enfin dessillés, accourait aussitôt, était obligé de se rendre à l’évidence.

Il serait impossible alors de lui faire croire que la pauvre créature qu’il voyait, là, si douloureusement frappée de son abandon, pouvait être infidèle et traîtresse.

L’odieuse calomnie qui consistait à faire de Jea

Il fallait donc louvoyer prudemment jusqu’au rétablissement complet de la malade, qui ne serait, alors, plus à craindre.

D’abord, parce que, d’ici là, le roi aurait eu le temps de changer sa liaison éphémère avec la comtesse du Barry en une habitude déjà assez profondément enracinée pour que cette habitude lui tînt lieu d’affection et qu’un changement répugnât à sa nature indolente et quelque peu bourgeoise…

Ensuite, parce que, rétablie, Mme d’Étioles perdait le meilleur de son prestige et de son charme et qu’on s’arrangerait alors de manière à fournir au roi des preuves de sa liaison avec d’Assas, tellement irréfutables qu’elle serait sûrement et infailliblement battue d’avance et qu’il lui serait impossible d’approcher le roi, d’essayer de le convaincre.

Voilà pourquoi, un meurtre inutile répugnant à sa nature, raffinée et délicate par certains côtés, M. Jacques avait ordo

Mais si Jea

C’est ainsi qu’elle avait parlé de son père, M. de Tournehem, de d’Étioles, de Damiens, qui l’effrayait sans qu’elle sût trop pourquoi, de bien d’autres…

La fièvre lui avait do

C’était elle qui avait éclairé d’un jour brutal les agissements de d’Étioles et mis ainsi en garde l’esprit toujours aux aguets de M. Jacques qui, jusqu’à ce jour, n’avait fait que soupço

C’était elle encore qui avait raconté dans tous ses moindres détails à la suite de quelle effroyable pression elle avait dû consentir à ce mariage qui lui répugnait; elle, toujours, qui avait dit l’horrible machination ourdie par son misérable cousin contre son oncle, son père à elle.

Nous avons vu, dans un précédent chapitre, comment M. Jacques avait mis à profit ces révélations importantes et qu’il avait dépêché de Bernis auprès de M. de Tournehem sans perdre de temps.

De Bernis avait fait au père de Jea

Par Tournehem, de Bernis était assuré de co

C’était sur ces entrefaites que le valet Lubin et le comte du Barry, accompagnant le docteur mandé en toute hâte auprès de Mme d’Étioles, avaient commis l’imprudence d’échanger sur le pas de la porte les quelques paroles surprises par Noé dans son ivresse.

Le vicomte d’Apremont, ou, pour lui laisser le nom qu’il tenait à garder lui-même, Lubin, s’était oublié, dans un accès de mauvaise humeur, jusqu’à prononcer des noms propres. Or, par fatalité, le malheur voulait qu’un ivrogne se fût trouvé dans cette ruelle, où ne passaient pas dix perso

Lubin, furieux contre lui-même, n’en avait pas dormi de la nuit. Il était à peu près certain que cet ivrogne n’avait rien entendu, rien compris; n’importe! quelle diantre de mouche l’avait piqué là d’aller bavarder comme une vieille commère sur le pas d’une porte!

Oh! le comte avait bien eu tort de ne pas étrangler tout à fait ce maudit ivrogne qui avait eu la malencontreuse idée de se venir vautrer devant leur porte juste au moment où lui, Lubin, avait la sottise de lâcher son caquet imprudent.

Ah! si le maître apprenait la chose, Lubin ne do

Dans ces dispositions d’esprit, le valet était descendu le lendemain de grand matin, se postant derrière le judas de la porte, surveillant la rue.

Le raiso

– Si mon ivrogne est un ivrogne véritable amené là par un hasard fatal, il est certain que je ne verrai rien d’anormal. Si, au contraire, l’homme était un faux ivrogne, ou si même véritablement il a surpris quelques mots et qu’il veuille en avoir le cœur net, il est non moins certain qu’il viendra rôder par ici… Alors je le verrai, je le reco

Ce raiso

Au bout de quelques heures d’une faction patiente et tenace, Lubin était récompensé de sa peine en voyant Crébillon et Noé qui s’arrêtaient devant la porte.

Dire que Lubin reco

En outre, Crébillon avait eu la prudence de s’éloigner le plus vite possible de la fameuse porte, entraînant à sa suite Noé, dans la crainte qu’il avait que celui-ci ne fût reco

Malheureusement cette prudente retraite avait été effectuée trop tard. Le valet, derrière sa porte, avait eu le temps de les dévisager et, toute sa prudence étant déjà en éveil, il ne les avait pas perdus de vue.

Malheureusement aussi, les exclamations bruyantes de l’ivrogne en reco

Lubin, tout en continuant sa surveillance, se demandait ce qu’il allait faire, mais ne trouvait rien.

Cependant son ivrogne repassait devant la porte, retournant sans doute d’où il venait; quant à son compagnon, il le vit entrer dans la petite auberge, presque en face, et un sourire de satisfaction lui vint aux lèvres à cette constatation.

Lubin quitta aussitôt son poste d’observation, grimpa quatre à quatre les degrés qui conduisaient à l’étage supérieur, monta plus haut, jusqu’au grenier, s’approcha avec précaution d’une lucarne, fit entendre une sorte de modulation bizarre produite en soufflant dans un minuscule instrument qu’il avait sorti de sa poche, et attendit.

Quelques instants plus tard la même modulation bizarre, venant de la maison d’en face, parvint à ses oreilles.

Alors il s’écarta de la lucarne, et, ayant accompli sans doute une besogne importante, car il paraissait très content de lui-même, il s’assit dans un coin, sans se soucier de la poussière, et se mit à réfléchir.