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Le perso

C’était assez logique; je n’hésitai donc pas et engageai ma parole, souscrivant pleinement aux conditions qui m’étaient imposées et qu’en bo

De Bernis s’arrêta un instant, autant pour reprendre haleine que pour étudier l’effet produit par son récit sur M. de Tournehem qui écoutait avec une attention profonde et s’était rassis machinalement.

Satisfait sans doute de son examen, le secrétaire de Berryer puisa dans une élégante tabatière en or une prise de tabac qu’il huma avec une satisfaction manifeste, secoua d’un geste gracieux le jabot sur lequel nul grain n’était tombé, et reprit:

– Pendant qu’il parlait, j’observais l’homme très attentivement: il me parut sincère dans l’accomplissement de sa tâche répugnante. Mais j’ai le bonheur d’être doué d’une mémoire extraordinaire et il me semblait que j’avais déjà vu quelque part cet homme qui, pour des raisons que je n’avais pas à rechercher, accomplissait cette lâcheté qu’est une délation…

Où l’avais-je vu?… je ne pouvais arriver à préciser; pourtant cette physionomie ne m’était pas inco

– Et ces papiers étaient probants? interrogea le fermier royal qui haletait.

– Accablants, monsieur!… Il y avait là des preuves irréfutables en quantité plus que suffisante pour faire tomber votre tête… et je me demandai tout aussitôt quelle preuve autrement convaincante mon inco

Mais à force de chercher pourquoi cet homme ne s’en tenait pas à ces papiers plus que suffisants, – je ne saurais trop vous le répéter, – à force de voir votre nom s’étaler au bas de pages dont la plus insignifiante pouvait tuer le signataire plus sûrement qu’un solide coup de poignard, le voile qui couvrait ma mémoire se déchira soudain et je reco

– Ah! fit vivement M. de Tournehem, qui est-ce?

– C’était une sorte de factotum, de secrétaire, de valet, qui devait être depuis peu au service de M. d’Étioles, mais qui depuis deux jours ne quittait pas plus que son ombre votre neveu qui se montrait partout toujours inévitablement flanqué de ce serviteur dont il paraissait s’être entiché… Je m’enquis discrètement et j’appris que mon homme s’appelait…

– Damiens? fit de Tournehem.

– Damiens, c’est cela même; qu’il était entré depuis peu au service de M. d’Étioles, auprès duquel il remplissait des fonctions vagues, indéfinies, qu’il était apparu soudainement sans que perso

– Étrange!… murmura le financier.

– Alors, continua Bernis, à force de réfléchir, de tourner et retourner les renseignements que j’avais recueillis, j’arrivai à cette conclusion: que ce Damiens n’était qu’un instrument qui agissait pour le compte d’un autre qui se tenait prudemment dans la coulisse, que tout ce qu’il m’avait débité n’était qu’une leçon répétée par cœur, qu’enfin il ignorait très probablement le contenu des papiers qu’il m’avait remis sans les avoir lus… si toutefois cet homme savait lire… et finalement que le véritable auteur de cette tragédie où l’on m’avait assigné un rôle ne pouvait être que le nouveau maître de ce Damiens, votre propre neveu, M. d’Étioles lui-même.

– Mais pourquoi?… pourquoi?…

– Un peu de patience, monsieur, tout s’élucidera, je l’espère. Je continue: les fonctions que j’exerce à la cour me permettent de co

C’est ainsi, monsieur, que, bien que n’ayant pas l’ho

Vous tenant pour un parfait ho

Vous avez sans doute oublié que j’eus l’ho

– Ah! monsieur, fit Tournehem en prenant la main de Bernis, que de grâces je vous dois!

– Attendez, fit Bernis en souriant, vous me remercierez après. Mes observations perso

Je fis en outre cette remarque qui me frappa que ces papiers – qui constituaient une sorte d’épée de Damoclès suspendue sur votre tête – m’étaient confiés justement l’avant-veille du mariage de d’Étioles avec votre fille: c’est-à-dire à un moment où plus que jamais vous deviez être sacré pour lui…

Cette coïncidence me parut plutôt bizarre… Mais ce qui me frappa davantage encore, ce fut que le lendemain même de ce mariage, ce Damiens qui devait revenir m’apporter une preuve plus terrible que les autres revint en effet… mais pour m’a

Et malgré moi cette idée me vint, tenace, obstinée, que ces papiers étaient retirés de mes mains, que l’orage qui s’amoncelait sur votre tête était écarté parce que le mariage de d’Étioles avec votre fille était consommé, et que si cette union à la veille d’être conclue s’était brisée par une cause fortuite, on serait venu m’apporter une pièce absolument inutile avec une mise en demeure de faire mon devoir: c’est-à-dire remettre ces pièces entre les mains du roi… et alors vous étiez perdu… l’orage éclatait sur votre tête et vous broyait comme un fétu…

– Horrible! horrible! murmurait Tournehem anéanti et qui suait à grosses gouttes.

– Mais tout ce que je vous dis là, reprit Bernis, n’était que présomptions… Le mariage de votre fille, a

Certes tout cela me frappait étrangement, mais devais-je pour cela me laisser entraîner à bâtir une intrigue aussi noire?… Je continuai mes recherches et c’est ainsi que j’appris que d’Étioles lui-même, dans un moment d’expansion, avait a

Cette perso

Cette appréciation parut piquer au vif d’Étioles, qui s’oublia jusqu’à déclarer textuellement «qu’il voulait cette charmante enfant pour lui et que de gré ou de force il l’aurait… que d’ailleurs ses précautions étaient prises et que si d’aventure sa cousine se montrait rebelle, elle déchaînerait sur la tête d’une perso

Vous comprenez, monsieur, que ces paroles, qui m’étaient répétées sans y attacher autrement d’importance, furent pour moi comme un éclair qui me fit voir clairement toute la trame ténébreuse qui avait été ourdie contre vous et votre fille.