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C'est donc vrai, le truc de la langue qui dépasse un peu. Et le truc des yeux révulsés aussi.

Elle se relève et tire ses cheveux en arrière. Plusieurs fois, elle a rêvé qu'elle avait un corps à cacher. Elle le découpait en morceaux et quelqu'un arrivait; du coup, elle balançait des morceaux un peu partout et il fallait qu'elle pre

Elle ne peut raiso

Elle n'a pas le temps de faire ça, il faut qu'elle parte dès ce soir.

Combien de temps mettra-t-on à la découvrir, si elle laisse tout dans cet état? Combien de temps avant de forcer la porte? Qui s'inquiétera? Séverine travaille en intérim, elle vient de finir une mission. Donc perso

Dans ses affaires, Nadine cherche les trucs que Francis lui a demandé de lui rapporter. Ça lui ressemble bien de vouloir un ceinturon et un bouquin pour un départ définitif. Les choses ont l'importance qu'on leur do

Le téléphone so

Son nouveau casque lui fait un peu mal aux oreilles.

L'essence même du mal. Toutes nos grandes villes, toutes nos belles filles, autant de foyers d'infamie!

Nadine se demande si elle doit prendre le bus ou le métro pour être sûre d'avoir le dernier TGV. Elle n'a pas eu le temps de se doucher.

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Putain de sa race, sa poitrine va exploser. Trop couru. Manu se demande si elle retrouvera tout son souffle un jour Ça lui revient distinctement, l'effet que ça lui a fait d'entendre ça. Le cri de Karla quand la tôle l'a cognée. Le bruit sourd du corps contre le capot. Elle n'a pas vu grand-chose, elle a couru tout de suite, presque avant que ça arrive. Au moment où elle partait, sa tête a enregistré le hurlement et le drôle de bruit.

Elle s'arrête dans un bar, fouille dans ses poches, aligne ce qui lui reste de mo

– Je voudrais un whisky, et je voudrais téléphoner.

Elle appelle les flics, dit:

– Y a une fille sur les quais, à hauteur de la boîte de nuit, juste en dessous, là où il y a des arbres. Je l'ai vue se faire culbuter par une voiture. Je sais pas si elle bouge encore, mais ce serait bien d'aller voir.

Elle appelle les pompiers dans la foulée; les flics, elle n'a pas confiance parce qu'elle parle trop mal. Mais lès pompiers lui inspirent davantage confiance.

Elle vide son verre d'un trait, évite de s'attarder dans le bar, des fois que les flics rappellent. Maintenant, il s'agit de rentrer à la maison et de se mettre le compte jusqu'à tomber.

Elle rentre à pied, se méfie de toutes les voitures, des fois qu'ils la cherchent. En même temps, elle se demande à qui elle pourrait bien emprunter de la thune.

Chez Tony, ils les ont vues partir ensemble. Ça va lui faire des embrouilles quand ils vont identifier Karla. Elle prétendra qu'elle est rentrée chez elle tout de suite, qu'elle n'est pas allée au bord de l'eau. Les flics vont quand même l’emmerder.

Elle arrive chez elle et elle n'a toujours pas trouvé qui pourrait lui prêter assez d'argent pour acheter une bouteille. Pas question qu'elle rentre comme ça, elle va démolir les murs à coups de boule. Dommage qu'il n'y ait plus un seul commerçant du quartier pour lui faire crédit.

Finalement, elle reco

– S'il te plaît, t'as pas dix sacs à me prêter? Je te les rends demain, tu passes chez moi.

Le gamin lui tend le billet sans faire de commentaire, un chouette gosse. Il demande:

– T'as déjà l'air bien arrangée. Tu t'es battue?

– Non, je suis tombée toute seule. C'est pour ça, faut que je boive pour dormir. Tant que je marche, je tombe.

– T'es au courant pour Radouan?

– Ouais, je sais, tout le monde le cherche. Il déco

– Non, c'est pas ça. Là, ils l'ont trouvé. Moustaf et ses potes l’ont coincé tout à l'heure. Et je crois bien qu'il a compris cette fois…

– Ils l'ont dérouillé?

– Sévère, oui. On sait pas exactement ce qu'il a. Il est à l'hôpital. Une chance pour lui qu'il ait encore la tête sur les épaules. C'est tout ce qui lui reste de pas brisé, je crois bien… Et encore… Ils lui ont arrangé la face au vitriol. C'est pour l'exemple, ça brassait trop ces temps sur le quartier, c'est histoire de faire passer le goût de déco

– T'as tout vu?

– J'ai rien vu. J'ai vu que quand l'ambulance est venue le chercher, ils savaient pas trop comment faire pour le transporter. Ça do

– De l'acide dans la gueule? Ça te change un parcours, ça… Tu sais ce qu'il avait fait, toi?

– Il avait pas payé des trucs, il a pas vendu où il devait… Un peu n'importe quoi, il a fait, quoi. Et, en plus, il a fait le beau les premières fois qu'ils sont venus le voir, ambiance j'ai peur de perso

– Merci pour tes dix sacs. C'est cool, c'est excessivement cool. Ciao, Belkass.

Elle rentre dans l'épicerie du coin. Paie sa bouteille de Four Roses, Rentre chez elle. S'assoit devant la télé. Boit par grandes rasades. Le téléphone so

C'est des moments comme ça. Des journées catastrophes. Elle a déjà descendu plus de la moitié de la bouteille. Elle n'est même pas assommée. Ça la met dans une rage noire. Une rage inquiète. Elle veut être raide défoncée le plus vite possible; surtout ne pas avoir le temps de réfléchir à ce qui s'est passé aujourd'hui.

Elle finit la bouteille. Toujours pas endormie. Mais grandement soulagée. Ça lui a simplifié les idées, l'alcool porte conseil.

Elle enlève ses sapes toutes déchirées et maculées de terre. Elle enfile un Jean. Elle a la peau marquée, traces jaunâtres le long des bras. Demain, ça fera des mortels bleus. Elle met des lunettes noires et embarque le pied-de-biche que Radouan a laissé là il y a peu.

Elle traverse la rue, rentre quelques allées plus loin. Monte jusqu'au dernier étage et frappe à la porte de Lakim. Il n'est pas là, c'est l'heure à laquelle il fait son business. Son appartement est sous les toits. Il y a une fenêtre au-dessus de sa porte. L'échelle pour y accéder est rangée dans le placard, à côté du compteur EDF.

Manu monte sur les toits sans problème. Elle fait bien attention de ne pas se casser la gueule. Elle éclate la fenêtre avec son pied-de-biche, l'ouvre et pénètre chez Lakim.

Elle co

Dans le dernier tiroir du bureau, il y a un flingue et des cartouches. Lakim l'a plusieurs fois emmenée faire du tir. Elle aimait bien le bruit. Mais ça ne la passio

Elle ressort par la porte, la caisse en fer sous le bras et le gun pèse lourd dans son sac.

À mieux y réfléchir, elle est quand même bien défoncée et elle titube légèrement en allant chez Moustaf, deux rues plus bas. Elle so

– T'as ta sale gueule de quand t'as trop bu, toi. Qu'est-ce que tu me veux?

Sans la laisser rentrer. Manu demande:

– T'es tout seul?

Le visage de Moustaf s'adoucit. Il sourit:

– Paraît que ça va pas fort entre Lakim et toi? Ça fait un bail que t'es pas venue me voir. Je te manque?

Elle le pousse dans l'appartement avec l'épaule. Plus bas, elle dit:

– Non. Je suis venue te dire que ça va pas ce que vous avez fait à Radouan. Perso

Elle a posé la caisse par terre et elle fouille dans son sac. Elle l'entend déclarer:

– J'ai pas de conseil à recevoir de toi. Tu t'es vue? T'es qu'une loque.

– Tu recevras plus conseil de grand monde, co