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Ayant finalement monté quatre hauts murs à force d'empiler autour de lui les livres i
Crab dans un tronc creux attend la nuit, alors se glisse dans son terrier, attend le jour.
Son visage de glaise amolli par l'humidité de la nuit sèche instantanément, alors dur comme pierre, dès que le touche le premier rayon du soleil, Crab exprime ainsi jusqu'au soir, grimace ou sourire, l'humeur qui était la sie
Mais était-ce une bo
Employé aux poussières, Crab est le meilleur dans sa partie, sans rival, la poussière lui est familière, il sait comment l'approcher, il sait la prendre. Certains gestes sont à éviter qui la mettent en fuite, elle se disperse alors, allez la rattraper. Mais Crab ne la brusque jamais, au contraire, il la laisse venir à lui, ayant repéré les surfaces et les lieux qui l'attirent, ses coins favoris, il se poste là sans bouger, il l'habitue à sa présence discrète et peu à peu la poussière se montre, timidement d'abord, très fine, diffuse, elle volette à travers la pièce, elle ne touche à rien, puis, comme Crab ne remue toujours pas, elle se multiplie, elle sort des murs, elle entre par les fenêtres, par la cheminée, en flocons, plus épaisse et qui s'accroche cette fois, elle tient, elle recouvre les tables, les chaises, les fauteuils, elle s'accumule et frise sous les armoires – enfin, puisque décidément Crab fait partie des meubles, elle se pose sur ses épaules, sur ses souliers. Rien de plus facile pour lui que de s'en saisir alors.
(Ici ou là, des jaloux, des incompétents prétendent que toute cette poussière vient de lui, en réalité, qu'il la produit lui-même, qu'il s'effrite, se désagrège, et que son mérite est nul – saletés encore que Crab balaye d'un revers de main.)
Il fait pousser des fruits dans son potager, pommes, poires, abricots, et toutes sortes de légumes dans son verger. Mais quand on lui dit vraiment votre esprit de contradiction systématique devient ridicule, Crab répond pas du tout, vous n'y êtes pas du tout, essayez, je vous l'assure, c'est réellement beaucoup mieux, d'un bien meilleur rapport, j'ai doublé ainsi ma production de fruits et légumes, on se trompait, reco
(Tombe du ciel subite, lourde, chaude, et qui perce, quelle averse, Crab rentre la tête dans les épaules, fait le dos rond, se hâte, mais il pleut du sang sur ses pantalons, sur ses souliers, petit effort de réflexion et tout s'éclaire: c'est une panthère.)
Une ville magnifique sort de terre sur les talons de Crab. De larges avenues témoignent de son passage, formées spontanément derrière lui tandis qu'il progresse avec peine dans la boue et les ronciers, ou de pittoresques ruelles quand il titube de fatigue après une journée de marche: son sillage goudro
Quelques repères biographiques, Crab est né lorsqu'il était petit d'un père notaire, puis il passe toute son enfance dans une région agricole réputée pour ses plantes médicinales. Il a un peu plus de vingt ans lorsqu'il signe sa première œuvre, c'est-à-dire la plus ancie
(Les doigts de Crab se rétractent au contact des corps nus, leurs pilosités frisées l'épouvantent, c'est être abando
Ces perso
Puisqu'il fait son entrée dans le dictio
A quel titre a-t-il été finalement admis? se demandera-t-on. Pour laquelle de ses découvertes, laquelle de ses victoires, lequel de ses exploits?
Certes, chacune de ces raisons possibles, et la moindre d'entre elles, aurait suffi à justifier cette distinction par ailleurs un peu tardive, c'est toutefois pour une autre encore qu'il doit d'être là: comme il s'était arrêté pour souffler au milieu d'une page du lourd volume ouvert sur la table, une main tombant du ciel sèchement le referma.
(Crab se retourne brusquement sur son passé. Mais rien. Il aura rêvé.)
Parmi les nombreux actes de malveillance des parents de Crab à son égard, le plus néfaste fut certainement d'avoir appelé Crab aussi son frère jumeau et parfait sosie, d'où quiproquos et méprises en série depuis leur enfance, qui se poursuivent aujourd'hui. Et nous comprenons mieux soudain le destin mouvementé de Crab, pourquoi toutes ses aventures, cette vie incessante et sans répit nous éto
Crab à dix ans ressemblait tant à son père qu'il fut souvent battu comme plâtre par sa mère dont il était le portrait craché affirmait son père en le rouant de coups.