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– Oui… la salle des supplices où je devais périr… Monseigneur duc, écoutez… Voici mon père…
– Monseigneur, râla Claude éperdu, ne la croyez pas: son père, vous savez, c’est le prince Farnèse…
– Mon père, continua Violetta, c’est celui qui m’a prise, enfant, dans ses bras protecteurs, qui m’a consacré sa vie et m’a do
– Ô mon enfant! fille adorée de mon cœur! sanglota maître Claude.
– Nous séparer! balbutia le duc d’Angoulême en frisso
– C’est pourtant ce qui arriverait, dit Violetta, s’il fallait que mon bonheur fût au prix du malheur de mon père!… Écoutez, mon cher seigneur, mon père s’appelle maître Claude…
– Mon enfant… par pitié!… oui, par pitié pour ton vieux père Claude… tais-toi!…
– Mon père, continua Violetta avec l’intrépidité des héroïnes de jadis qui marchaient à l’e
Charles d’Angoulême livide, frisso
– Le bourreau!…
«Puissance du ciel, je puis mourir heureux! cria en lui-même maître Claude, transfiguré, le visage rayo
À ces mots, il prit rapidement le flacon de poison qu’il portait dans son aumônière et en avala le contenu. Violetta, les yeux fixés sur Charles, attendant sa décision avec la vertigineuse anxiété de l’être au bord d’un abîme, Violetta n’avait pas vu ce geste!… Et Charles, comme assomme par cette révélation, ne l’avait pas vu davantage!…
Pendant quelques secondes, les yeux fermés sous ses mains demeurèrent pourtant comme éblouis par de sinistres lueurs… Quand il laissa retomber ses mains, quand son regard se posa sur Violetta, la jeune fille poussa un grand cri de joie éperdue… Car dans les yeux de son fiancé, elle venait de voir que l’amour était vainqueur de la révélation, de l’horreur, de l’épouvante, de tout au monde!…
Dans le même instant, les deux amants étaient dans les bras l’un de l’autre et échangèrent l’étreinte par laquelle ils étaient désormais unis à jamais… Charles prit une main de Violetta dans sa main, s’avança vers Claude, et pâle encore, mais la physionomie rayo
– Monsieur, laissez-moi saluer en vous le père de celle que j’adore et à qui, devant vous, je consacre ma vie… Ce que vous fûtes, je l’ignore. Ce secret s’est déjà évanoui de mon cœur… Que ceci ne vous éto
Charles tendit sa main en frémissant malgré lui. Claude la saisit et poussa un long, un profond soupir, en murmurant:
– Maintenant, je suis sûr du bonheur de ma fille!…
– Ô mon noble Charles, balbutia Violetta. Comme je vous bénis!… Ô mon bon père… tu auras donc, toi aussi, ta part de bonheur!…
Claude sourit d’un sourire qui contenait sûrement tout le bonheur et tout l’amour… Presque au même instant, il sentit une sueur glaciale pointer à la racine de ses cheveux, il chancela, tomba sur les genoux, puis, comme tout se mettait à tourner autour de lui la ronde vertigineuse de l’agonie, il s’allongea sur le sol, les mains crispées sur l’herbe.
– Père! père! cria Violetta en s’agenouillant et en soutenant la tête de Claude.
– Ne t’inquiète pas… c’est… c’est la joie…
– Oh! bégaya la jeune fille épouvantée, mais son visage se décompose… ses mains se glacent… Seigneur! est-ce que mon père va mourir?…
Claude se raidit.
Un sourire ineffable illumina son visage monstrueux et, dans un râle haletant, d’une voix infiniment douce, il répondit:
– Mourir… oui!… je meurs… Mon enfant, je meurs de joie… quelle belle et heureuse fin!… Ne pleure pas… il est impossible… de mourir… plus heureux… puisque je meurs de joie!… Monseigneur, ma bénédiction vous accompagnera dans la vie… Je vous do
Dans un dernier effort, il saisit la main de Violetta… Il l’appuya sur ses lèvres et ferma les yeux…
– Mon père est mort! sanglota la jeune fille…
– Mort!… râla Claude dans un sourire d’indicible bonheur… mort de joie!…
Et il expira…
À ce moment, et comme Violetta, affaissée sur elle-même, étouffait ses sanglots dans un pan de son manteau ramené sur son visage, le duc d’Angoulême, jetant les yeux autour de lui, aperçut le petit flacon qui avait roulé presque au bord de la source. Il tressaillit et jeta sur le mort un regard de pitié profonde… Il avait compris de quoi maître Claude était mort!…
Alors, il se baissa; et pour que ce flacon ne fût pas vu de sa fiancée, pour qu’elle pût garder à jamais cette touchante illusion qu’avait voulu créer le bourreau dans le dernier souffle de son dévouement, il plongea la petite et frêle capsule dans l’eau pure de la source…
Le flacon se remplit d’eau, coula à pic et disparut au fond de la source, qui continua à s’échapper avec un bouillo
À ce moment, une jeune fille sortit de l’abbaye en courant, s’arrêta un instant non loin du chêne sous lequel gisait Belgodère étranglé, jeta autour d’elle des yeux égarés, et apercevant enfin le groupe formé par Charles d’Angoulême et Violetta agenouillée près de Claude, elle descendit d’un pas affolé par la terreur, et, reco
– Chère et douce compagne de captivité, murmura-t-elle. Nous sommes donc libres!… Au prix de quelles horreurs, hélas!… Mais comment avez-vous échappé à l’abominable supplice?…
Violetta levant son visage baigné de larmes reco
– Mon père est mort!…
C’était en effet la fille de Belgodère [8] .
Au moment où se produisait la collision entre Fausta et Sixte-Quint, elle s’était relevée, épouvantée du rôle inconscient qu’elle avait joué dans cette tragédie. Le cri du cardinal Farnèse, les plaintes déchirantes de Léonore prosternée au pied de la croix, lui avaient appris que Fausta avait menti, qu’elle n’était nullement la fille de la bohémie
Le duc d’Angoulême vit un secours dans l’arrivée de cette belle enfant qu’il ne co
Quelques paysans du hameau s’étaient approchés… Charles leur fit signe, et moye
Tandis que Jea
[8] Stella devait toujours ignorer la vérité sur sa naissance, puisque Belgodère était mort. Elle ne sut jamais ce que sa sœur Flora (Madeleine Fourcaud) était devenue. Elle vécut, par la suite dans la conviction qu’elle s’appelait Jea