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– Vive Henri le Saint!…

C’était la procession qui do

L’apparition de Jésus, suant sous son énorme croix de carton et plus flagellé que jamais, fut saluée par un long murmure de pitié, d’autant plus que Jésus criait à pleine voix:

– Sire! Sire roi de France, où êtes-vous? N’êtes-vous pas le fils aîné de l’Église? Me laisserez-vous ainsi maltraiter par les damnés huguenots?…

– Mort aux parpaillots! crièrent d’enthousiasme les bourgeois à leurs fenêtres.

Guise devint radieux; le front de Crillon s’assombrit.

Devant la cathédrale, la foule était plus serrée, plus nerveuse, et Guise put lire sur tous ces visages de bons provinciaux la curiosité passio

– Ô Fausta, murmura-t-il, comme vous aviez raison! Et pourquoi ne me suis-je pas confié à votre profonde sagesse?… Mais il n’est pas trop tard!… Un coup de poignard peut tout réparer!…

Et il jeta les yeux autour de lui, comme pour chercher s’il n’apercevrait pas le moine. À ce moment, les portes de l’immense cathédrale s’ouvraient, et une foule de gentilshommes en sortaient, refoulant les bourgeois. En même temps les soldats de Crillon, par une habile manœuvre, coupèrent la procession et ne laissèrent autour de Guise qu’une dizaine de ses familiers.

– On se méfie de nous, ici! dit le duc en fronçant le sourcil.

– Non pas, monseigneur, on vous rend les ho

Joyeuse, quelques-uns de ses apôtres et ses deux flagellants se trouvaient dans ce cercle formé par les gens d’armes, les gentilshommes royaux et la foule.

– Frappez! Frappez! dit Joyeuse.

Les deux flagellants se mirent à frapper à tour de bras, avec leurs fausses lanières.

– Sire! s’écria Jésus, Sire roi de France, où êtes-vous? Voyez ce que font les huguenots! et pourtant, je ne me plains pas!…

Un grondement de la foule des bourgeois répondit à ces paroles. Et déjà, comme à Paris, les cris de: «Vive Henri le Saint!» éclataient, lorsque Jésus, c’est-à-dire Joyeuse, se mit à pousser des lamentations qui, cette fois, n’avaient rien de feint. En effet, quatre pénitents venaient de s’approcher de lui, et s’étaient mis à le flageller, non plus avec des lisières de drap ou des lanières de carton, mais avec de bo

– Miséricorde! hurlait l’infortuné. Au meurtre! Au feu! À moi! On me tue!…

Cela dura quelques minutes, pendant que les soldats contenaient la foule, pendant que Guise, pâle et stupéfait, se demandait s’il n’était pas venu se jeter dans la gueule du loup. Les quatre enragés frappaient de plus belle, et Joyeuse ne laissait plus entendre qu’un gémissement plaintif.

– Assez! dit tout à coup une voix forte.

Un homme venait de paraître sous le porche de la cathédrale et s’avançait vers Jésus. Les quatre flagellants cessèrent aussitôt leur besogne, et s’étant précipités dans l’église où ils se dépouillèrent de leurs frocs, apparurent sous les traits de Chalabre, Montsery, Loignes et Sainte-Maline…

L’homme qui venait de surgir s’avançait avec une sorte de dignité vers le malheureux Joyeuse. À son aspect un grand silence s’établit, les gens de Crillon présentèrent les armes, Guise mit pied à terre et, se découvrant, s’inclina profondément…

Cet homme, c’était le roi de France.