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– Pardon, messieurs…
Le premier pêcheur fit volte-face vers David, et prononça en allemand, d'une voix rauque:
– Scheisse!
Un peu plus calme, le second pêcheur tendit à nouveau son visage allongé et considéra David avec consternation. Assez haut perchée, sa voix vibra sole
– Laissez-nous tranquilles, s'il vous plaît!
La ressemblance était aberrante, mais elle ne faisait aucun doute. Devant David, avec leurs ca
– Jeune homme, vous voyez bien que vous nous dérangez!
Avec son accent allemand et sa voix orageuse, le chancelier du Reich approuva:
– Franchement, fous n'afez rien à faire ici, rentrez chez fous.
David se demanda s'il était la proie d'une farce comme l'apparition de Claude Monet devant le jardin à Sainte-Adresse; sauf que ces deux hommes avaient bien des visages rabougris de centenaires. Toujours tournés vers l'intrus, ils entreprirent ensemble de raiso
– L'Europe, l'Europe! Qu'est-ce que vous lui trouvez donc à l'Europe? s'indignait le Général.
– Europa ist fertig, reprenait Hitler.
– Vous courez après des chimères, mon vieux. Arrêtez de vous accrocher à votre idée de la France.
– Quand che pense que fotre mère fous attente à New York,
– Soyez raiso
Le chien regardait David sans broncher. Celui-ci ne trouvait aucune explication logique à la présence des deux perso
– New York! mon vieux, dit de Gaulle.
– New York! mon fieu, répéta Hitler.
Un silence passa. Refusant de raiso
– Vous avez raison, messieurs. Il est temps de rentrer chez moi.
– Ach, prafo cheune homme! s'exclama le chancelier.
– Enfin un peu de jugeote dans cette cervelle conclut le Général d'une voix tremblante.
Puis, comme s'ils avaient accompli leur mission et refusaient de s'intéresser davantage à David, ils se retournèrent vers leurs ca
De retour chez Solange, il évita de décrire son hallucination qui le ferait passer pour fou. Mais, le soir même, il a
– Mon voyage est terminé. Je vais rentrer à New York début novembre.
Occupé à passer un chiffon à poussière sur les vieux livres, le Français s'immobilisa, l'air envieux:
– Moi aussi, j'aurais besoin de m'éloigner.
– Viens là-bas quelques jours, répondit David. C'est à moi de t'emmener en voyage.