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«…d'aucuns ont des attirances sexuelles pour les demoiselles de là-bas,, entendit-on la voix posée de l'oncle Guillaume. Leur discours est simple: peu importe les dangers et les forces malfaisantes, si l'on s'aime, tout est rose, la vie est pleine de cœurs en guirlandes. Combien de godelureaux se sont fait attraper par leur, pardo

À ce propos, je vais vous raconter l'histoire qui est arrivée à mon ami G, grand amateur de la chose, co

On entendit de nombreuses protestations et un brouhaha joyeux envahit le bistrot.

«Je vous préviens sérieusement, et ne venez pas vous plaindre après, insista oncle Guillaume.

– Allez onc' Guillaume, on n'est pas des gamines, vas-y, déniaise-nous.

– Bon, d'accord, capitula-t-il de bo

– Comment ça, hi hi hi, au figuré? demanda une voix de femme.

– Ben euh, en plus du prix, la belle demande des clients capables de s'investir dans la durée, des types consciencieux, quoi.

– Ah, si l'on avait le choix, soupire la voix de femme.

– C'est quoi ces chichis? s'insurgea le patron. Le client est roi!

– Pas dans l'univers du grand luxe, dit sobrement oncle Guillaume. Il faut le mériter. À côté, madame Saint-Ange c'est le Franprix du pauvre, excusez-moi de la comparaison, je ne cherche à vexer perso

À vingt minutes du rendez-vous, alors qu'il en est à compter les pavés, avec son (pardo

Vient l'heure fatidique. G entre dans la cabine n° 50. Il voit une belle créature blonde, avec de longs cheveux bouclés, un visage mignon assez standard, le corps entièrement couvert d'un épais peignoir. "Qui me dit qu'elle vient de là-bas, se demande G, méfiant. Il faudra que je demande un certificat."

Alors ils s'y mettent, sauf que la fille examine le corps de G, minutieusement, pour y chercher des coupures éventuelles, des traces de champignons – entre les orteils ou derrière les oreilles -, des boutons d'herpès, tous les défauts possibles qui indiqueraient un manque d'hygiène ou une maladie. Elle finit par la crasse sous les ongles qu'elle nettoie avec une petite brosse enduite de liquide antiseptique. "Tout cela est bien étrange", pense G, un peu dégoûté.

Il enfile sa petite précaution, mais ce n'est pas suffisant. La fille sort deux sacs plastiques spéciaux à mettre sur les pieds et une sorte de cagoule. Un appareil spécial en forme d'hygiaphone est prévu pour la bouche et le nez. G comprend que c'est pour éviter les écoulements de salive, porteuse de germes et de mauvaises odeurs. Enfin ils s'y mettent pour de bon. Dans cet accoutrement ridicule, G a chaud comme un lapin, ses pieds glissent sur la moquette et son (pardo

Voyant cela, en grande professio

– La totale, siffla une voix d'homme que nous attribuâmes au facteur.

– Non, mais dis donc! répliqua sa femme.

– Je suis désolé pour ces détails un peu techniques, poursuivit oncle Guillaume. Sans eux, mon histoire ne tient pas. Pas davantage que le (pardo

Il y eut un silence consterné. Wolf choisit ce moment pour éternuer mais perso

«Je ne sais pas quelle aurait été la réaction d'un type normal, peu rodé aux parties de plaisir, peut-être se serait-il enfui, mais mon ami G ne s'est pas démonté. "Je vais lui montrer ce que valent les petits Français", se dit-il. Surtout son (pardo

– Nom de Dieu! jura mon père.

– Oui, soupira oncle Guillaume. Trois fois oui. Il a trouvé Bouvard et Pécuchet, aussi circulaire que les deux autres, aussi sympathique en apparence, mais comment faire abstraction du fait que c'est le troisième de la même race sur une seule femme? Déjà le deuxième c'était grave, et seule la lubricité sans bornes de mon ami G a pu le motiver à en affronter les mystères. Bouvard et Pécuchet est de trop. G perd soudain toute consistance. Il songe à ce qu'il a fallu subir à la fille pour en arriver là. D'habitude c'est seulement les seins que l'on refait, peut-être le nez ou les lèvres. Quand on sait – par ouï-dire – que chez madame Saint-Ange, le plus osé dans le genre est un piercing dans la… vous me comprenez, on se dit que la fille, ou plutôt son manager, a dépassé les bornes du bon goût.

– Et du supportable, corrigea une voix outrée de femme.

– C'est dégueulasse», enchérit le patron. Soudain:

« Ce qui est dégueulasse c'est d'inventer pareilles sornettes», jaillit la voix d'oncle Abe.

Le bistrot fut secoué par une quinte de toux étouffante, comme si une arête de poisson lui était restée coincée dans le gosier. Les murs tremblèrent un peu, les verres tintèrent – l'un d'eux se fracassa au sol -, et l'oncle Abe fut recraché dans la rue, un peu ahuri par la rapidité de son expulsion, la veste contusio

Le brouhaha se consuma rapidement. On aurait dit que l'intervention de l'oncle Abe avait été prévue, sinon espérée, qu'elle n'était qu'un mauvais moment à passer dont on ne pouvait faire l'économie, ce qui la rapprochait du traditio

«La suite!» criait-on de partout, et l'on entendit le rire lourdaud de l'oncle Guillaume:

«Ho! ho! ho! Dès que c'est un peu grivois, on en redemande, hein?… Toujours les mêmes, hein?» Nous imaginions son sourire espiègle, ses mains gentiment baladeuses, sa moustache en shako.

«Ah, si vous étiez à la place de G, vous vous calmeriez d'eau froide, je vous garantis. Écouter les histoires est une chose, les vivre sur sa peau perso