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Professio

– Arrive, dit-il. Je l'ai trouvé.

Toon était content d'être pour une fois au volant du 4x4, content d'y écouter la modulation de fréquence, content d'user du téléphone.

– Tu es formidable, dit-il, mais pourquoi tu ne t'en occuperais pas tout seul? J'ai une bo

– Ne sois pas idiot, il y a trop de monde. Et puis peut-être qu'il ne va pas se laisser faire. Et puis je suis fatigué. Allez, viens, on va faire comme avec Gonzales, tu te souviens comme c'était facile.

Peu après, au stand après-rasage du Printemps, Toon appliquait donc le procédé Gonzales, méthode entre mille pour enlever les perso

Il s'agitait du mieux qu'il pût, souhaitant passer très aperçu, alentour en effet les clients le regardaient. J'ai peine à le croire, pensait Paul dissimulé derrière une pyramide de gels. Il avait reco

Toon traverse le boulevard Haussma

Plankaert retire ses mains de son visage, se détache du pilier, s'approche de Paul qui recule et perçoit aussitôt un contact dur entre deux de ses vertèbres. Sans doute co

La voiture enfin s'arrête, on fait descendre Paul, toujours la tête dans le sac. Quand on a coupé le moteur, c'est un autre silence qu'à l'église, plein de ciel frotté d'oiseaux. On guide Paul sur un terrain souple, irrégulier. On s'arrête puis on pousse une porte, derrière laquelle ronro

Toon et Plankaert le hissèrent dans le réservoir, l'y déposèrent sur le flanc, toujours empêché de tout par sa cagoule et ses liens. Justine les regarda faire, les brûleurs de butane à ses pieds veillaient l'autel d'une déité boudeuse, on lui jeta un coup d'oeil réglementaire avant de refermer la trappe. On redescendit, sans faire de bruit en passant près de Van Os toujours en sommeil.

– On attend, dit Plankaert une fois qu'on fut ressorti. On ne le réveille pas, ça l'énerverait, déjà que. J'aime autant qu'il se repose, qu'il voie Bergman après.

Ils firent le tour du château d'eau, sans se hâter. Le vent de temps à autre envisageait de se lever, se rendormait un peu, puis il s'étira sérieusement, bâilla des souffles épars, contradictoires, sous lesquels se nuançaient les couleurs des cultures: les céréales versant par masses leur tête lourde, plus claire sur l'avers, formaient de longues taches molles, mobiles, qui déclinaient en se déformant le mode chlorophyllien. C'est joli, dit Toon. Oui, dit Plankaert, c'est imposant. Mais alors des cris retentirent à l'intérieur de l'édifice, des cris de fureur ou de douleur, peut-être des deux; les deux hommes coururent vers la porte.

Les cris provenaient du réservoir. Eveillé en sursaut, Van Os se tenait écarquillé sur son séant.

– Qu'est-ce que c'est, fit-il d'une voix égarée, qui est-ce qui a éteint la radio?

– Rien, dit Plankaert, laissez. L'affaire d'un instant.

Toon le suivit à l'assaut des échelons. Ce fut un peu difficile d'ouvrir tout de suite la trappe car Paul se trouvait couché dessus, quoique provisoirement puisque se déplaçant sans cesse, roulant sur lui-même pour échapper aux griefs de Justine. Tenant encore le sac qu'elle venait de lui enlever, celle-ci brandissait de l'autre main sa chaussure à talon, ponctuant chaque futur bleu d'un cri de guerre. Paul criait également, dans le registre médium. Holà, fit Toon, il va falloir les séparer. Plankaert voulut saisir Justine, mais c'était malaisé; c'est à cause de lui, s'essoufflait-elle, à cause de ce con; il finit par la tourner de force vers lui.

– Ça va, fit-il, ça va comme ça. On ne tape pas sur un type attaché, quand même. Ce n'est pas digne. Vous m'obligez à raccourcir la chaîne.

Ils roulèrent Paul hors de portée puis ils redescendirent, un peu inquiets de l'humeur du chef. Mais Van Os se trouvait paisiblement assis sur le lit de camp, ayant rallumé la radio qui diffusait du Herb Alpert. Devant ses yeux, pendus à deux de ses doigts, il balançait les chaussures neuves à col requin.

Qu'est-ce que c'est que ça, demanda-t-il, elles sont à qui? Elles sont bien.