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Pas plus que Jean-François Pons, Charles Pontiac n'évoquait le passé, aussi songeaient-ils très rarement l'un à l'autre. Ils s'étaient pourtant bien co

us, assez bien entendus tout en aimant cette même Nicole, ils s'étaient même porté de la considération. Charles s'était habitué maintenant, depuis longtemps, à vivre sans domicile fixe. Cette ascèse présuppose une méthode. S'il pouvait en effet dormir sous les ponts, sur les grilles du métro, dans les entrées d'immeubles et les sorties de secours, les escaliers de service, les caves plutôt que les combles, il aimait bien aussi s'être assuré l'accès nocturne d'établissements publics, bureaux, bibliothèques, musées qu'il visitait longuement, considérant les œuvres à la seule lueur de son Zippo.

Nicole Fischer les chercha donc inutilement. Ils l'avaient trop aimée pour ne pas disparaître, l'un devenu duc et l'autre errant sans que rien ne laissât prévoir de tels destins. Durant quelque douze ans, les uns des autres on ne devait rien savoir. Puis on se dégela, s'expédia des nouvelles, quelques miettes de nouvelle. Pons, tant que ce fut possible, reprit le contact avec sa sœur, se tenant au courant des progrès de Paul J., de sa croissance et de ses espoirs. Nicole reçut une vue de Java, au dos de quoi Jean-François résumait en quinze mots sa vie depuis tout ce temps. Beaucoup plus tard ce fut une enveloppe en papier bulle, oblitérée à la poste centrale du Louvre et qui contenait juste une adresse à Levallois, de la main de Charles, au crayon. Mais il était trop tard, elle ne répondit plus. Elle ne les revit pas.

Charles quant à lui ne l'aperçut qu'une fois, au fin fond du métro, elle en première presque vide, lui depuis le quai de la station Picpus, une assez bo

e station – public d'habitués, perso

el complaisant, rareté des hommes en bleu. Il s'y trouvait en compagnie de collègues derrière lesquels, promptement, il se dissimula jusqu'à ce que la rame eût disparu. Les collègues s'étaient regardés, surpris: Charles n'était pas d'ordinaire un homme très émotif, un homme très démonstratif. Son calme leur inspirait plutôt le respect, léger respect nuancé de crainte et d'incompréhension bien qu'il se fût toujours montré prévenant, voire d'assez bon conseil. Le duc aussi, dans le temps, éprouvait devant Charles cette même qualité de crainte. C'était là sa considération.