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Mon éto
Sans doute peu de temps plus tard, réveillé par un besoin naturel, je suis allé dans la salle de bains, qui m'a rappelé celle que j'avais cherchée en vain pendant mes aventures nocturnes dont j'ai alors revu plusieurs passages en raccourci, persuadé d'abord que je venais de faire un cauchemar, supposition d'autant plus vraisemblable que j'y reco
J'avais à peine terminé un petit déjeuner rapide, réduit au minimum par manque d'appétit, que Pierre Garin est entré sans frapper dans ma chambre avec sa coutumière aisance désinvolte, son parti pris de ne jamais paraître surpris par quoi que ce fût, et d'en savoir toujours plus que ses interlocuteurs. Après l'habituel signe de la main qui ressemblait à un salut fasciste avorté, il a tout de suite entamé son monologue, comme si nous nous étions quittés à peine quelques heures plus tôt, et sans problèmes particuliers: «Maria m'a prévenu que tu étais réveillé. Je suis donc monté pour une minute, bien qu'il n'y ait rien d'urgent. Seulement une petite information: nous nous sommes laissés avoir, l'Oberst Dany von Brücke n'est pas mort. Juste une blessure superficielle au bras! L'affaissement progressif du corps sous les balles de l'assassin, c'était de la comédie. J'aurais dû m'en douter: le meilleur moyen pour échapper à une poursuite, voire à une éventuelle reprise… Mais les autres sont, je pense, plus malins que ça…
– Plus malins que nous, tu veux dire?
– En un sens, oui… Bien que la comparaison…» Pour me do
«Von Brücke avait, dit-on, un fils… Tiendrait-il un rôle dans ton abracadabrante histoire?
– Ah! Gigi t'a donc parlé de Walther? Non, il ne joue aucun rôle. Il est mort sur le front de l'Est, pendant la débâcle… Méfie-toi de Gigi et de ce qu'elle raconte. Elle invente des idioties pour le plaisir de semer la pagaille… Cette petite fille, d'ailleurs ravissante, a le mensonge rivé au corps!»
En fait, ce serait avant tout de Pierre Garin lui-même que je devrais dorénavant me méfier. Mais, ce qu'il ignorait évidemment, c'est que j'avais découvert par hasard, au cours de mes déambulations nocturnes à travers la vaste maison où j'étais en quelque sorte interné, trois dessins pornographiques signés par ce Walther von Brücke, où Gigi en perso
Une difficulté narrative cependant subsiste, qui sans doute n'était pas pour rien dans l'élimination volontaire de toute la séquence: c'est que je demeure incapable de la situer, sinon dans l'espace (la pièce ne peut être localisée ailleurs que parmi le dédale des couloirs du premier étage), du moins dans le temps. Serait-ce avant ou après la visite du docteur? Avais-je absorbé mon frugal repas arrosé d'une liqueur suspecte? Etais-je toujours en pyjama? Ou bien avais-je déjà enfilé mes habits d'évasion? Ou encore – sait-on? – d'autres vêtements provisoires, dont je n'aurais gardé aucun souvenir?
Gigi, quant à elle, est entièrement nue sur les trois dessins, dont chacun porte un numéro d'ordre et un titre. lis sont exécutés sur papier canson au format 40 x 60, avec un crayon gras noir, à mine relativement dure, travaillé à l'estompe pour marquer certaines ombres, et rehaussé de lavis aquarellés ne couvrant que des surfaces très réduites. La facture est d'une excellente qualité, que ce soit dans le modelé des chairs ou l'expression du visage. Pour maints détails du corps ou des liens qui l'entravent, ainsi que pour les traits parfaitement reco
Sur la première image, intitulée «Pénitence», la jeune victime est offerte de face, à genoux sur deux petits coussins ronds et raides, garnis de multiples pointes dressées, les cuisses maintenues très largement ouvertes au moyen de bracelets en cuir enserrant la jambe au creux du mollet, et retenus au sol par des cordelettes tirées vers l'extérieur. Le dos s'appuie contre une colo
Le second dessin s'appelle «Le bûcher», mais il ne s'agit pas du traditio
Au revers de la feuille plusieurs lignes hâtives, tracées en diagonale au crayon, pourraient être une dédicace du dessinateur à son modèle, paroles d'amour plus ou moins obscènes et passio
[13] Note 12 – Notre psychanalyste amateur «oublie» bien entendu ici les trois thèmes essentiels, organisant la série d'épisodes qu'il vient pourtant de relater en détail: l'inceste, la gémellité, l'aveuglement.