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Celle-ci, d'une voix hésitante, demande alors si nous allons la violer. Je la rassure aussitôt: le docteur Juan vient d'apprécier son académie selon des critères esthétiques objectifs, mais elle est nettement trop formée pour son goût perso

«Et maintenant, dis-je, nous allons donc procéder à l'interrogatoire préliminaire. Tu vas lever les mains au-dessus de la tête, car nous avons besoin de voir tes yeux quand tu parles, pour savoir s'il s'agit d'une vérité sincère ou de mensonges, ou encore de demi-vérités. Afin que tu n'aies aucun mal à conserver longtemps cette posture, nous pouvons te faciliter les choses.» Le docteur, qui a sorti un bloc-notes et son stylo pour consigner par écrit certains points de la déposition, appuie alors sur une so

Les jambes se trouvent ainsi bien ouvertes, face à nous, dans une attitude peut-être un peu indécente, mais cet écartement des pieds – qui n'a rien d'excessif – do

«Prénom?

– Geneviève.

– Diminutif habituel?

– Ginette… ou Gigi.

– Nom de la mère?

– Kastanjevica. K, A, S… (Elle épelle le mot), dite Kast sur son passeport actuel.

– Nom du père?

– Père inco

– Date de naissance?

– Douze mars mille neuf cent trente-cinq.

– Lieu de naissance?

– Berlin – Kreuzberg.

– Nationalité?

– Française.

– Profession?

– Lycée

On devine qu'elle a dû remplir souvent ce même formulaire d'identité. Pour moi, en revanche, cela ne va pas sans problème: nous avons donc affaire à la fille de 10, que pourtant je croyais demeurée en France. L'érotique objet de mes actuelles convoitises serait ainsi ma demi-sœur, puisque engendrée comme moi par le détestable Dany von Brücke. En réalité, les choses ne sont pas aussi claires. Si le père présumé n'a jamais voulu reco

J'ai regardé la délicieuse Gigi avec des yeux nouveaux. Plus excité que confus du tour que prenait son enlèvement inopiné, mû peut-être aussi par un vague désir de vengeance, j'ai repris l'interrogatoire: «Tu as déjà eu tes règles?» La jeune fille a, dans un assentiment muet de la tête, confessé cette maturité comme si cela comportait quelque chose de honteux. J'ai poursuivi dans l'intéressante voie: «Tues encore vierge?» Du même hochement gêné, elle a répondu oui. En dépit de sa vaillance, qui commençait malgré tout à faiblir, elle a rougi sous la cynique inconvenance de l'inquisition: son front et ses joues d'abord, puis toute sa tendre chair nue depuis la poitrine jusqu'au ventre, se sont colorés de rose vif. Et elle a baissé les yeux… Au bout d'un assez long silence, après avoir requis mon approbation, Juan s'est levé pour accomplir sur l'accusée un professio

Nos assistantes policières étaient demeurées présentes, un peu à l'écart, attendant que l'on ait à nouveau besoin d'elles. Sur un signe que j'ai fait, l'une s'est approchée de la coupable, tenant dans sa main droite un fouet de cuir dont la fine lanière, souple bien qu'assez ferme, termine une extrémité rigide, facile à manier. J'ai indiqué par trois doigts tendus le degré de la punition méritée. Avec une adresse de dompteuse, l'exécutrice a aussitôt appliqué, sur les fesses un peu entrouvertes pour la posture, trois cinglons secs et précis, assez espacés l'un de l'autre. La petite se cabrait à chaque fois sous la morsure du fouet en ouvrant la bouche dans un spasme de douleur, mais se retenant de crier ou de laisser sourdre une plainte.

Très ému par le spectacle, j'ai voulu la récompenser pour sa bravoure. Je me suis dirigé vers elle, une moue compatissante masquant autant que possible un appétit gourmand, sinon pervers, et j'ai vu, par-derrière, la migno

Retourné à ma place en face d'elle, je l'ai contemplée amoureusement, tandis que tout son corps ondulait d'une faible houle, peut-être pour apaiser les atteintes encore cuisantes de la brève correction. Je lui ai souri et elle a commencé par me rendre un plus incertain sourire, quand, soudain, elle s'est mise à pleurer sans bruit. Et c'était encore tout à fait charmant. Je lui ai demandé si elle co

«Je vous demande pardon d'avoir menti.

– Tu as dit d'autres choses inexactes?

– Oui… Je ne vais plus à l'école. Je suis entraîneuse dans un cabaret de Schôneberg.

– Qui s'appelle comment?

– Die Sphinx. »

Je commençais à m'en douter. Son visage d'ange me remettait en mémoire, par bouffées, un fugitif souvenir nocturne. Je fréquente irrégulièrement le Sphinx (ou plutôt: «la Sphinge», puisque le terme est féminin en allemand) et, quand je pénétrais ce sexe juvénile, un instant plus tôt, avec l'index et le médius, la fente toute humide de sa petite madeleine, enrobée d'une soyeuse fourrure naissante, a déclenché spontanément le processus de réminiscence: je l'avais déjà caressée sous sa jupe d'écolière dans ce bar très intime à la pénombre propice, où toutes les serveuses sont des gamines complaisantes, plus ou moins pubères.

Ne fallait-il pas, cependant, faire subir à celle-ci la suite de ses épreuves, ne serait-ce qu'en guise d'alibi moral justifiant sa présence entre nos griffes? J'ai allumé un cigare et, après en avoir tiré quelques bouffées de réflexion, j'ai dit: «Tu vas maintenant nous raconter où se cache ton géniteur supposé, bien qu'illégitime, l'Oberführer von Brücke.» La priso

«Je ne sais pas, Monsieur, je ne sais vraiment rien. Je n'ai jamais revu ce faux père depuis que maman est rentrée en France avec moi, il y a bientôt dix ans.

– Ecoute bien: tu as menti une première fois en affirmant que tu allais encore en classe, tu as menti une seconde fois sur ta prétendue virginité, sans compter une réponse très incomplète quand tu as parlé d'un "père inco