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Tant qu'il était dans le quartier, Max brava plus encore l'interdiction en essayant de revoir sa sœur. Il ne s'agirait que de l'apercevoir sans essayer de prendre contact, juste pour s'assurer que tout allait bien. Il procéderait très prudemment, sans s'exposer aux yeux d'Alice car, malgré le savoir-faire des spécialistes du Centre et vu ce qui venait de se passer avec le chien, il n'était pas exclu que sa propre sœur – la voix du sang et toutes ces choses – le reco

Une fois passées les deux journées de récupération, Max commença comme prévu son travail vespéral de barman. Il apparaîtrait que le bar n'était pas seulement vide le matin, il le serait presque tout le temps. Pas assez cependant pour que Max pût prendre son service à la légère: il se trouvait toujours, à telle heure avancée de la soirée, tel client parfois solitaire mais beaucoup plus souvent accompagné d'une femme. Et Max, observant bientôt que c'était souvent la même femme mais pas le même client et que leurs brefs passages au bar – conciliabules à voix basse où figuraient des chiffres – se concluaient la plupart du temps par la commande de deux verres ou même d'une bouteille à monter dans une chambre, comprit mieux de quoi il retournait. Il n'y avait donc pas grand monde pour le distraire, ce qui n'empêchait pas qu'on lui demandât aussi, parfois, des cocktails atypiques qui étaient toute une affaire à préparer. L'alcool lui-même n'était plus là pour le distraire non plus: il semblait que sur ce point, depuis sa tentative de pisco à Iquitos, l'appétence éthylique de Max se fût curieusement évaporée.

Et chaque soir, vers une heure et demie, il regagnait sa chambre après avoir fait sa caisse et nettoyé son bar. Il ôtait sa veste rouge et le reste puis se couchait aussitôt, révisant ses recettes de cocktails dans un ouvrage spécialisé et s'efforçant de les mémoriser. Il s'endormait ensuite avec difficulté dans son grand lit car les grands lits, ne l'oublions pas, sont quand même faits pour se retrouver à deux sous leurs draps, ceux-ci étant eux-mêmes conçus pour être pliés à deux. Voyez comme un homme qui plie seul son grand drap se retrouve en situation malcommode, encombré par lui-même autant que par le drap, voyez comme ses bras courts peinent à réaliser le grand écart requis. Alors qu'à deux, lorsqu'on plie le drap ensemble en parlant d'autre chose, tout devient beaucoup plus simple – avec cet intérêt supplémentaire, même, cette intime stratégie qui consiste pour chacun, de loin, des deux côtés du drap qui vous sépare, à prévoir par avance dans quel sens l'autre va le tourner après l'avoir plié pour s'accorder à son mouvement.

Mais voyez aussi comme les choses se font. Après quelques pénibles semaines de solitude au fond de sa veste rouge, Max finit par tomber sur quelqu'un. Comme souvent dans la vie, ce serait sur son lieu de travail qu'il ferait cette rencontre, à l'hôtel même. La réceptio

Or un jour que le ciel voulut bien se dégager, Max croisa la réceptio

Il avait le temps mais c'était quand même allé plus vite que prévu. Max lui proposerait-il un mercredi de prendre un café – d'accord. Lui offrirait-il des fleurs – tout à fait d'accord. L'inviterait-il ensuite à dîner, le dimanche suivant où il ne serait pas de service au bar – d'autant plus d'accord que, ce soir-là, le fils de la réceptio

25.

Puis, le lendemain soir après son service, Max rejoignit Félicie

Les premiers temps, Max ne fit que passer les nuits chez Félicie

Cela dans une première période, car il arrive que tout aille vite, très puis trop vite: Max se vit bientôt remettre un double des clefs, attribuer dans le mouvement un rayon du placard pour son rechange, qui atterrirait rapidement dans la corbeille de linge sale attenante au lave-linge avant que Max, puisque après tout selon Félicie

Cette évolution n'est certes pas enviable mais au fond, comme sexuellement cela ne marchait pas si mal avec Félicie

Vu leurs conditions de travail, Félicie

Cependant, Max commença de se lasser. Bizarrement, s'il s'était assez vite habitué à son nouvel aspect physique, il avait en revanche beaucoup plus de mal à ce qu'on l'appelât Paul, mais peut-être finirait-il par s'y faire aussi. Le temps passait ainsi dans une ambiance de salle d'attente, à feuilleter des revues aussi périmées, radoteuses et froissées que Félicie