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Il était un peu moins de midi et lui, toujours couché, en était là de ses réflexions quand Béliard entra dans sa chambre avec une expression inhabituelle quoique très discrète sur le visage, à michemin de la réprobation et de l'amusement. Tout va bien? demanda Béliard, vous avez bien dormi? Pas mal, répondit Max en se demandant si par hasard l'autre ne serait pas au courant des détails de sa nuit. Bon, dit Béliard avec brusquerie, j'ai le résultat. Je viens vous mettre au courant, ils ont statué ce matin. Allez-y, dit Max.
Je suis désolé, dit Béliard, vous êtes orienté en section urbaine. Eh bien d'accord, dit Max en se demandant encore si par hasard la nuit avec Doris n'aurait pas pesé dans le verdict, constituant une entorse au principe de non-mixité qui pouvait aussi bien s'étendre à une intolérance plus générale à l'endroit de la sexualité. Aussi bien. Cependant, malgré les légères réticences qu'il avait affichées à propos du parc et qui n'étaient en fait que le fruit d'une coquetterie, car provenant de ce qu'il pensait y être affecté d'office, une inquiétude le saisit. On ne lui avait rien dit de précis, au fond, sur cette histoire de section urbaine, d'ailleurs qu'est-ce que c'était que ce nom idiot récupéré sur les anciens tickets de métro.
J'avoue que je ne comprends pas bien, dit-il, cela me paraît assez injuste. Avec la vie que j'ai menée, toute au service de l'art, je pensais pouvoir prétendre à plus d'indulgence. Vous savez, se radoucit Béliard, je ne vous cache pas qu'il y a toujours une petite part d'arbitraire dans les délibérés. Ce n'est pas automatique. Ça se passe souvent comme ça, c'est quasiment l'usage. Puis il faut respecter des quotas, ajouta-t-il sans plus de précisions. Et il n'y a pas moyen, toussa Max, il n'y aurait pas moyen de faire appel? Non, dit Béliard. Ça, par contre, ce n'est pas du tout l'usage. Mais ne vous inquiétez pas, ne le prenez pas en mauvaise part. Et puis franchement, le parc, tout à fait entre nous, ce n'est pas si drôle tous les jours, il arrive qu'on s'y e
Bon, dit Max, je veux bien, mais ça consiste en quoi au juste, votre histoire de section urbaine? C'est tout simple, dit Béliard, les gens se font un tas d'idées là-dessus mais vous verrez que ce n'est pas si mal non plus. On va tout simplement vous renvoyer chez vous, voilà. Enfin quand je dis chez vous, je veux dire à Paris, n'est-ce pas. Et jusqu'à quand, s'inquiéta Max, ça s'arrêtera quand? Tout est là, dit Béliard, ça ne s'arrêtera pas. C'est un peu le principe du système, si vous voulez. Mais si ça peut vous rassurer, je vous le rappelle, pour ceux du parc non plus ça ne va pas s'arrêter. Et comme Max allait se dire qu'un tel retour lui permettrait de retrouver les siens, revoir des gens, reprendre une activité normale, Béliard prévint aussitôt sa pensée.
Il n'y a que trois grandes règles en section urbaine, précisa-t-il. La première, c'est qu'il est interdit de contacter des perso
Le point suivant, c'est que vous devez aussi changer d'identité, bien sûr. Là, par contre, c'est à vous qu'il revient de vous en occuper, c'est à vous de voir pour les papiers. Enfin, objecta plaintivement Max, je n'y co
À peine eut-il fermé la porte derrière lui qu'elle s'ouvrit sur Dino dont le sourire était un ton au-dessous de son registre habituel. Alors vous nous quittez, Monsieur, dit gravement Dino. Oui, dit Max d'un ton soucieux, ils me renvoient chez moi, je ne sais pas trop ce qui va se passer. J'ai appris cela, Monsieur, je suis désolé. Dino, s'avisa Max, est-ce que je pourrais avoir un petit verre, je crois que là, ça me ferait du bien. Je crains que ce ne soit difficile, Monsieur, dit le valet, votre séjour est terminé. À vrai dire je suis venu préparer la chambre pour la perso
Béliard reparaissant alors, accompagné du brancardier, Max fit rapidement ses adieux au valet. Bon, eh bien au revoir, Dino, merci et pardon de vous avoir embêté. M'embêter, Monsieur? fit Dino. Mais pas du tout, voyons, jamais. Si, dit Max, vous savez, cette question que je vous avais posée. Voyons, Monsieur, fit Dino en redéployant son sourire classique assaiso
De retour au bloc opératoire, Max n'eut droit à aucun commentaire du chirurgien qui, d'ailleurs, n'était pas celui de l'autre jour. Pour l'endormir on ne procéda pas non plus par injection comme il s'y attendait: ce fut cette fois un masque anesthésiant, promptement plaqué sur son visage, qui le fit à nouveau sombrer dans le sommeil artificiel sans qu'il eût le temps de se demander où, quand, comment et même tout simplement si, un jour, il se réveillerait.
III
Ce furent les sursauts désordo
À présent immobile, l'hydravion se balançait à la surface du fleuve, dans la chaleur extrême régnant à cette heure-ci déjà. Le jeune type déclencha l'ouverture de la porte au bout de quelques minutes, son menton désignant une pirogue à moteur qui approchait à vive allure puis s'immobilisa près des flotteurs de l'appareil. Max remercia le pilote d'un geste avant de sauter sur la pirogue qui redémarra aussitôt en direction du terminal fluvial situé en amont de la ville. Le piroguier semblait aussi peu bavard que le pilote et Max n'était muni que d'un petit sac dont il ignorait la provenance, contenant un nécessaire de toilette qu'il ne se rappelait pas non plus avoir acheté. Rien d'autre, pas d'effets de rechange, juste une enveloppe contenant un pécule en mo
Située au nord-ouest du continent sud-américain et à égale distance de trois frontières, coincée entre la forêt tropicale et l'Amazone, Iquitos est une ville de trois cent mille habitants bâtie sur la rive droite de ce cours d'eau considérable. Elle a été officiellement désignée comme port fluvial amazonien par l'article unique de la loi n°14702, le 5 janvier 1964. Sa température moye