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Le charnier
Une nuit, nous entendons des explosions, des fusillades, le tir des mitrailleuses. Nous sortons de la maison pour voir ce qui se passe. Un grand feu s'élève à l'emplacement du camp. Nous croyons que l'e
Au bout de la route qui conduit à la base, il n'y a plus de sentinelle. Une épaisse fumée à l'odeur écœurante monte vers le ciel. Nous décidons d'aller voir.
Nous entrons dans le camp. Il est vide. Il n'y a perso
Les bûchers noirs que nous avons vus d'en haut, ce sont des cadavres calcinés. Certains ont très bien brûlé, il ne reste que des os. D'autres sont à peine noircis. Il y en a beaucoup. Des grands et des petits. Des adultes et des enfants. Nous pensons qu'on les a tués d'abord, puis entassés et àrrosés d'essence pour y mettre le feu.
Nous vomissons. Nous sortons du camp en courant. Nous rentrons. Grand-Mère nous appelle pour manger, mais nous vomissons encore.
Grand-Mère dit:
– Vous avez de nouveau mangé quelque saloperie. Nous disons:
– Oui, des pommes vertes.
Notre cousine dit:
– Le camp a brûlé. Nous devrions aller voir. Il n'y a sûrement plus perso
– Nous y sommes déjà allés. Il n'y a rien d'intéressant.
Grand-Mère ricane:
– Les héros n'ont rien oublié? Ils ont tout emporté avec eux? Ils n'ont pas laissé quelque chose d'utile? Vous avez bien regardé?
– Oui, Grand-Mère Nous avons bien regardé. Il n'y a rien.
Notre cousine sort de la cuisine. Nous la suivons. Nous lui demandons
– Où vas-tu?
– En ville.
– Déjà? Normalement, tu n'y vas que le soir.
Elle sourit:
– Oui, mais j'attends quelqu'un. Écoutez!
Notre cousine nous sourit encore, puis elle part en courant vers la ville.