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Il me restait à affronter les médecins de la base de Damas, le commandant Fitucci et le capitaine Bercault. Là, il n'était pas question de tricher. On me co

CHAPITRE XLI

Je repris ma place dans l'escadrille et me livrai à une paisible chasse aux sous-marins italiens au large de la Palestine. C'était un métier de tout repos et j'emportais toujours un pique-nique avec moi. Nous attaquâmes au large de Chypre un sous-marin servi tout chaud à la surface et le manquâmes. Nos charges de profondeur étaient tombées trop loin.

Je peux dire que, depuis ce jour, je co

De nombreux films et de très nombreux romans ont été consacrés à ce thème, celui du guerrier hanté par le souvenir de ce qu'il a commis. Je ne suis pas une exception. Encore aujourd'hui, il m'arrive de me réveiller en hurlant, couvert de sueur froide: je rêve que je viens de rater une fois de plus mon sous-marin. C'est toujours le même cauchemar: je rate ma cible, je n'envoie pas au fond de l'eau un équipage de vingt hommes, équipage italien par-dessus le marché – et pourtant, j'aime beaucoup l'Italie et les Italiens. Le fait simple et brutal est que mon remords et mes angoisses nocturnes tie

La moitié d'Éducation europée

Les conditions de travail littéraire à la base aérie

Autour de moi, le ciel devenait de plus en plus vide. Schlôzing, Béguin, Mouchotte, Maridor, Gouby et Max Guedj, le légendaire, disparaissaient les uns après les autres, et puis les tout derniers partirent à leur tour, de Thuisy, Martell, Colcanap, de Maismont, Mahé, et le jour vint enfin où de tous ceux que j'avais co

Je terminai Éducation europée

Je m'empressai de télégraphier la nouvelle à ma mère, par la Suisse. J'attendis sa réaction avec impatience. J'avais le sentiment d'avoir enfin fait quelque chose pour elle et je savais avec quelle joie elle allait tourner les pages du livre dont elle était l'auteur. Ses vieilles aspirations artistiques commençaient enfin à être réalisées et, qui sait, avec un peu de chance, elle allait peut-être devenir célèbre. Elle débutait tard: elle avait à présent soixante et un ans. Je n'étais pas devenu un héros, ni ambassadeur de France, pas même secrétaire d'ambassade, mais j'avais tout de même commencé à tenir ma promesse, à do

Ce n'était pourtant pas ma faute si ma guerre n'était pas brillante. Je faisais de mon mieux. Tous les jours, j'étais au rendez-vous dans le ciel et mon avion revenait souvent criblé d'éclats. Je n'étais pas dans la chasse, mais dans le bombardement et notre métier n'était pas très spectaculaire. On jetait ses bombes sur un objectif et on revenait, ou on ne revenait pas. J'allai jusqu'à me demander si ma mère n'avait pas appris l'histoire du sous-marin raté au large de la Palestine et si elle ne m'en voulait pas encore un peu.

La publication d'Éducation europée

Je demeurais aussi de longues heures couché sur le terrain, la tête sur mon parachute, essayant de lutter contre mon éternelle frustration, contre le tumulte indigné de mon sang, contre mon besoin de ressusciter, de vaincre, de surmonter, de sortir de là. Encore aujourd'hui, j'ignore ce que j'entends par «là», au juste. Je suppose, la situation humaine. En tout cas, je ne veux plus d'abando

…Parfois, je lève la tête et regarde mon frère l'Océan avec amitié: il feint l'infini, mais je sais que lui aussi se heurte partout à ses limites, et voilà pourquoi, sans doute, tout ce tumulte, tout ce fracas.

Je fis encore une quinzaine de missions, mais il ne se passait rien.