Страница 12 из 56
Il savait siffler d'une manière particulièrement impressio
Je me souviens notamment d'un certain «jeu de la mort» que Jan et moi pratiquions sur la margelle d'une fenêtre, au quatrième étage de l'immeuble, sous le regard de nos camarades éblouis.
Peu nous importait que Valentine ne fût pas là – c'était d'elle qu'il s'agissait, dans ce duel, et aucun de nous ne se trompait là-dessus.
Le jeu était très simple, et je crois vraiment que, comparée à lui, la fameuse «roulette russe» n'est que gentil passe-temps de collégiens.
Nous montions au dernier étage de l'immeuble, dans la cage de l'escalier, nous ouvrions une fenêtre qui do
Nous jouâmes à ce jeu mortel un nombre incroyable de fois.
Dès que, dans la cour, un débat quelconque nous opposait, ou même sans raison apparente, dans un paroxysme d'hostilité, sans un mot, après nous être défiés du regard, nous montions au quatrième étage de l'immeuble pour «jouer le jeu».
Le caractère étrangement désespéré et en même temps loyal de ce duel venait évidemment du fait que vous vous mettiez entièrement à la merci de votre plus grand e
Je me souviens encore très bien de mes jambes suspendues dans le vide, de la margelle métallique et des mains de mon rival posées sur mon dos, prêtes à pousser.
Jan est aujourd'hui un perso
– J'ai été torturé par la Gestapo, me dit-il.
– J'ai été blessé trois fois, lui dis-je.
Nous nous regardâmes. Puis, d'un commun accord, nous posâmes nos verres et nous dirigeâmes vers l'escalier. Nous montâmes au deuxième étage et Jan m'ouvrit la fenêtre: après tout, on était à l'Ambassade polonaise et j'étais l'invité. J'avais déjà enjambé la fenêtre lorsque l'ambassadrice, une dame charmante et digne des plus beaux poèmes d'amour de son pays, sortit brusquement d'un des salons. Je retirai rapidement ma jambe et m'inclinai, avec un sourire aimable. Elle nous prit chacun par le bras et nous accompagna au buffet.
Il m'arrive de penser avec une certaine curiosité à ce que la presse mondiale aurait dit si l'on avait trouvé sur un trottoir, en pleine guerre froide, un haut fonctio
CHAPITRE XII
La cour du n° 16 de la Grande-Pohulanka m'a laissé le souvenir d'une immense arène où je faisais mon apprentissage de gladiateur en vue de combats futurs. On y pénétrait par une vieille porte cochère; au milieu, il y avait un grand tas de briques d'une usine de munitions que les partisans avaient fait sauter pendant les combats patriotiques entre les armées lituanie
Un après-midi, ayant grimpé sur le toit et retiré la planche pour descendre dans mon royaume, je vis, couché parmi mes trésors, entre le frac, le boa et le ma
– Peut-être qu'ils savent pas s'y prendre, alors ils cherchent de tous les côtés?
Le lendemain, ce fut le tour du fils du pharmacien de monter la garde. Il était trois heures de l'après-midi lorsque les gamins qui écrasaient leurs nez contre la vitre ou jouaient dans la cour, sans trop de conviction, virent le drapeau polonais s'épanouir et s'agiter triomphalement sur le toit du hangar. Quelques secondes plus tard, six ou sept garçons frénétiques fonçaient, poings au corps, vers le signal de ralliement. La planche fut écartée discrètement et nous eûmes tous droit à une leçon de choses d'une grande valeur éducative. Michka, le pâtissier, se surpassa ce jour-là, comme si sa nature généreuse eût deviné la présence des six têtes angéliques penchées sur ses travaux. J'ai toujours aimé la bo