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– Sache, maraud, que je ne me lèverais à cette heure que pour deux choses également respectables: pour recevoir une ho

Et Pardaillan se tourna du côté du mur en menaçant le laquais de le jeter par la fenêtre, s’il ne le laissait reprendre son rêve au point où il l’avait quitté si malencontreusement.

– Monsieur le chevalier, dit une voix, si ce n’est pour les deux motifs indiqués par vous qu’on vient vous éveiller, c’est tout au moins pour l’un des deux.

Pardaillan se retourna, s’accouda et aperçut l’étranger qui, ayant suivi le laquais jusqu’à la porte, avait assisté à ce colloque.

– Ah! ah! dit le chevalier, c’est donc une dame qui me veut voir?

L’homme garda le silence.

– C’est donc quelqu’un qui me veut pourfendre dès l’aurore?

L’homme s’inclina sans répondre.

– C’est bien, dit alors Pardaillan, qui une bo

Il s’habilla sans hâte en sifflotant une fanfare de chasse qu’il affectio

Puis il ceignit sa bo

– Vous êtes bien le chevalier de Pardaillan?

– En chair et os, mon cher monsieur, et vous?

– Moi, monsieur le chevalier, je suis l’écuyer d’un seigneur qui désire ne pas se nommer. Au nom de mon maître, je viens vous porter défi, vous déclarant convaincu de lâcheté si vous n’acceptez le cartel.

Pardaillan se mit à rire.

– Cornes du diable! fit-il, je pourrais vous répondre, sire écuyer, qu’il est dans les usages de la chevalerie de savoir au moins avec qui l’on va se couper la gorge.

– Mon maître vous dira son nom quand il vous aura couché sur la chaussée, et que vous ne pourrez plus aller répéter ce nom.

L’homme parlait gravement, d’une voix calme et forte, comme il convenait aux écuyers qui portaient ces sortes de défis.

– Oh! oh! songea Pardaillan, serait-ce le duc de Guise qui me veut faire l’ho

Soudain il pâlit, et un sourire terrible crispa sa lèvre.

– C’est Maurevert!…

Et tout haut, d’une voix altérée, devenue rauque:

– Où est ton maître? dit-il d’un ton bref. Je suis prêt à lui rendre raison…

Au moment qu’il prononçait ces mots, de l’ombre épaisse d’un mur se détacha une apparition qui s’avança, s’arrêta devant Pardaillan et fit signe à celui qui s’était do

– Ce n’est pas lui! murmura-t-il. Cela m’eût bien éto

Son étrange adversaire paraissait être un jeune homme d’une vingtaine d’a

– Monsieur, dit alors le chevalier en reprenant cet air d’insouciance qui lui était habituel, vous n’avez pas voulu me dire votre nom; et bien que ceci soit contre toutes les règles, je n’insiste pas pour le co

Tout en parlant, il cherchait à étudier l’inco

Pardaillan espérait le reco

– Monsieur, reprit-il, avant d’engager les fers, je vous prie de remarquer que j’ai toutes les raisons possibles de demeurer caché dans Paris; malgré cela, je n’ai pas hésité à me rendre à votre invitation. En outre, j’ai été dérangé de mon somme, ce qui va me mettre de méchante humeur pour toute la journée. Contre tant de déférence que je vous témoigne, vous pourriez me rendre un service. Je ne vous co

Pour toute réponse, l’inco

– Vous n’êtes pas galant, monsieur, dit Pardaillan, et à mon grand regret, je vais être obligé de vous arracher votre masque pour savoir ce que j’ai à savoir. Défendez-vous donc bien… défendez votre visage… je vous promets de ne pas tirer ailleurs qu’au masque.

Depuis quelques instants, les épées étaient engagées; dans la rue silencieuse et obscure, sous le regard pâle des dernières étoiles qui s’éteignaient, les deux ombres agiles qui s’attaquaient apparaissaient seules, et le cliquetis des fers troublait seul le silence.

Dès le premier engagement, Pardaillan eut un moment de surprise: il s’était battu cent fois peut-être, il co

Celui-ci demeura ferme, cloué sur place, les épaules effacées, n’offrant aucune prise, le bras pour ainsi dire immobile mais la main vivante d’une vie prodigieuse. Soudain, ce bras se détendit comme un ressort, et ce fut Pardaillan qui dut faire un bond en arrière…

– Mes compliments, dit le chevalier, avec un coup pareil, vous aviez toutes les chances de me tuer… toutes, moins une. C’est justement cette une qui me sauve!

À son tour, il attaqua, et peut-être, avec sa science consommée de l’escrime, trouva-t-il à diverses reprises l’occasion de toucher son adversaire à la poitrine. Mais Pardaillan avait dit qu’il ne toucherait qu’au visage, et, avec ses idées spéciales, il se fût déshonoré à ses propres yeux s’il n’avait tenu parole.

Maintenant le jour grandissait. Quelques fenêtres commençaient à s’ouvrir. Des têtes curieuses se penchèrent pour assister à ce duel, sans trop d’effarement d’ailleurs, car il était tout simple que deux gentilshommes, après avoir passé la nuit dans quelque cabaret mal famé, en fussent venus aux mains pour les beaux yeux de quelque donzelle sans doute. Tout à coup, ces spectateurs tressaillirent; l’un des deux combattants venait de jeter un cri terrible, le cri de l’homme blessé à mort… Pourtant aucun des deux adversaires ne tombait!…

Celui qui avait poussé ce cri, c’était l’inco

– Une femme! fit Pardaillan stupéfait.

Et il abaissa aussitôt la pointe de sa rapière. Le masque noir glissa sur la chaussée. Pardaillan le considéra quelques instants, pensif, puis, relevant les yeux sur son adversaire, il la reco

Fausta portait au front une petite tache rouge: une gouttelette de sang. Elle leva la tête vers le ciel comme pour lui montrer cette tache rouge, cette imperceptible blessure qui était bien peu de chose. Et peut-être songea-t-elle que cette blessure n’atteignait pas seulement son front, mais quelque chose de plus profond qui était en elle depuis des a

Oui, c’était cette foi qui était touchée en elle, blessée pour la première fois. Fausta perso

Pardaillan, d’un geste tranquille, releva son épée. Il recula de deux pas, souleva son chapeau, de ce grand geste un peu théâtral dont il n’avait jamais pu se défaire, et s’inclinant: