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VII L’ORGIE
S’il fallait chercher le mot synthétique capable de traduire le duc de Guise dans sa perso
Or, ce capitaine qui pouvait réellement passer pour le plus beau gentilhomme de Paris, à qui toutes les grandes dames de l’époque écrivaient des lettres passio
Ce fut le mari le plus outragé de son époque. Il eut des fureurs que ne co
Pour le moment, Henri de Guise ne co
Rentré en son hôtel, vaste et somptueuse forteresse qui occupait par ses bâtiments et ses jardins tout le quadrilatère formé par la Vieille Rue du Temple et la rue du Chaume, la rue de Paradis et la rue des Quatre-Fils, le duc de Guise se renferma dans son appartement et eut une longue conversation avec celui qui lui était a
Le lendemain, il passa sa journée à dicter des lettres, à do
Le soir de ce même jour où le chevalier de Pardaillan sortit de la Devinière dans l’intention de lancer le chien d’Huguette sur la piste de Violetta, vers la nuit close, deux hommes aux manteaux hermétiques s’arrêtaient à l’extrémité de la Cité, devant la maison lépreuse dont la façade en ruine dissimulait un féerique palais.
L’un d’eux frappa, et lorsque la porte de fer se fut ouverte, s’effaça devant son compagnon qui entra. À l’intérieur, ce dernier laissa retomber son manteau, et les deux gardes qui veillaient sans cesse dans le vestibule purent reco
Comme on avait fait la veille pour le bourreau, on fit traverser au duc la somptueuse enfilade de salles ornées avec un luxe délirant; pas plus que maître Claude, Guise ne s’éto
Là, dans une salle plus petite, moins sévère que les autres, mais aussi plus élégante, plus féminine, la princesse Fausta, harmonieusement habillée d’un costume de laine blanche aux plis hiératiques, semblable à une magnifique statue de marbre, était assise dans un fauteuil couvert de soie blanche; ses pieds reposaient sur un coussin de velours blanc; le dais qui surmontait le siège était en satin blanc, avec l’F et les clefs brochées blanc sur blanc. Dans cette blancheur immaculée, la beauté de Fausta resplendissait en un saisissant relief, et les diamants noirs de ses yeux voilés de longs cils brillaient d’un éclat étrange, hallucinant. De chaque côté du fauteuil, une femme debout manœuvrait en gestes lents et doux un immense éventail de plumes…
Henri de Guise entra brusquement, de cette allure violente, de ce pas rude et pesant par quoi il cherchait à imposer l’éto
– Vous pouvez parler, duc, dit la mystérieuse princesse avec un sourire qui était un poème de grâce; Myrthis et Léa n’entendent ni le français ni aucune langue d’Europe… et d’ailleurs, elles savent qu’elles n’ont le droit ni de rien écouter, ni de rien voir…
– Madame, dit alors Henri de Guise d’une voix rauque, vous le voyez, je me rends à votre appel, et je…
Il s’arrêta un instant, suffoqué, grinçant, écumant.
– Votre émissaire, reprit-il, m’a tout dit. J’ai souffert depuis hier comme un damné… Des preuves, madame!… Je veux des preuves!…
– Vous… voulez? dit Fausta d’un ton de suprême hauteur qui glaça Guise soudain courbé.
– Pardo
– Ainsi, dit doucement Fausta, si… on vous do
– Oh! malheur à lui!… gronda Guise dont les yeux s’injectèrent.
– Mais elle?… reprit Fausta en jouant avec la cordelière de sa robe. Elle?… Pauvre femme! Pauvre affolée d’amour!… J’espère que ce n’est pas sur elle que retomberait votre vengeance?…
– Assez, madame, rugit Guise hors de lui, assez, par pitié!… Si la duchesse a poussé l’abjection jusqu’à aimer un Loignes, si elle m’a infligé cette honte suprême, il faut qu’elle meure!… il faut qu’ils meurent ensemble!…
La Fausta tressaillit; une imperceptible rougeur monta à son front pur.
– Duc, dit-elle, souvenez-vous que des intérêts puissants vous sont confiés. Souvenez-vous que j’ai seulement voulu libérer votre esprit des pensées qui le paralysent. Souvenez-vous que vous êtes pour le peuple le Fils de David, et pour nous le Fils bien-aimé de notre Église, le roi de France!…
Sa voix, jusqu’ici grave, impérative et presque dure, reprit une intonation d’une enveloppante douceur:
– Allez, duc, continua-t-elle en frappant sur une sorte de large timbre, accomplissez l’acte nécessaire qui doit rendre enfin la paix à votre âme… suivez votre guide… vous verrez, vous entendrez, et vous serez convaincu…
Guise haletant, ivre de vengeance, gronda:
– Si je vous dois cela… je vous devrai plus que le trône!
À ces mots, il s’inclina avec ce respect religieux qui courbait tous ceux qui approchaient Fausta, et voyant un homme qui, au coup de timbre, venait d’entrer, le suivit précipitamment, la main au manche de sa dague.
Alors Fausta s’approcha d’une lourde tapisserie qu’elle souleva. Derrière la tapisserie il y avait une porte fermée, sur le pa
L’homme qui conduisait Guise sortit de la maison, et se dirigea droit sur l’entrée du Pressoir de Fer . L’auberge paraissait silencieuse et muette, toutes ses fenêtres éteintes. Mais l’homme gratta à la porte qui s’ouvrit et, quelques instants plus tard, le duc de Guise se trouvait dans l’intérieur de ce cabaret tenu, disait l’enseigne, par «La Roussotte et Pâquette».
Deux grosses filles joufflues, très peintes, couvertes de bijoux et très court vêtues s’avancèrent au-devant de lui en souriant et exécutant des révérences qu’elles devaient croire de fort bon air.