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– Faites attention, mon révérend père, que je vais rester en tête à tête avec le priso

– Rassurez-vous, monseigneur, fit respectueusement le moine, le priso

Et sur un geste d’autorisation, il vida le contenu d’un minuscule flacon entre les lèvres du priso

– Avant cinq minutes, monseigneur, le priso

– C’est bien, dit le grand inquisiteur. Allez, fermez la porte à l’extérieur et remontez sans m’attendre.

Le moine eut un mouvement d’hésitation.

– Et monseigneur? dit-il respectueusement.

– Ne vous inquiétez pas de moi, sourit d’Espinosa, je sais le moyen de sortir de ce cachot sans passer par cette porte.

Sans plus insister, le moine s’inclina devant son chef suprême et obéit passivement à l’ordre reçu. D’Espinosa, sans manifester ni inquiétude ni émotion, entendit les verrous grincer à l’extérieur, avec ce calme qui ne l’abando

Tout d’abord, il fut secoué d’un long frisson, puis son torse affaissé se redressa lentement. Comme s’il avait été, jusque-là, oppressé jusqu’à la suffocation, il respira longuement, bruyamment, le sang afflua à ses pommettes livides, l’œil morne, éteint, retrouva une partie de son éclat, laissa percevoir une vague lueur d’intelligence. Et il se redressa, se mit sur ses pieds, s’étira longuement, avec un sourire de satisfaction.

Il regarda autour de lui avec un éto

Cependant, il considérait d’Espinosa avec une inquiétude manifeste. Le grand inquisiteur, qui le tenait sous le poids de son regard froid et volontaire, fit deux pas vers lui. Pardaillan jeta autour de lui ce regard de la bête menacée qui cherche le trou où elle pourra se terrer. Et ne trouvant rien, ne pouvant plus reculer, il effectua le seul mouvement possible: il s’écarta. Et en exécutant ce mouvement, il surveillait attentivement le grand inquisiteur, qu’il ne paraissait pas reco

Visiblement, il paraissait redouter une attaque soudaine de la part de cet inco

D’Espinosa sourit. Il se sentit pleinement rassuré. Non qu’il eut peur: il était brave, la mort ne l’effrayait pas. Mais il l’avait dit, il avait une tâche à accomplir et il ne voulait pas partir en laissant son œuvre inachevée.

C’était là l’unique raison pour laquelle il évitait de s’exposer, pour laquelle il redoutait la force peu commune de son priso

Sous l’action énergique du remède, ce priso

Si vigoureux qu’il fût, l’inquisiteur savait qu’il ne pourrait tenir tête victorieusement à un adversaire de cette force. C’est pourquoi la pusillanimité que montrait Pardaillan était faite pour le rassurer. Il s’approcha donc de lui avec assurance et, de sa voix très calme, presque douce:

– Eh bien, Pardaillan, ne me reco

– Pardaillan? répéta le chevalier, qui paraissait faire des efforts de mémoire prodigieux pour fixer les souvenirs confus que ce nom évoquait dans son esprit.

– Oui, Pardaillan… C’est toi qui es Pardaillan, reprit d’Espinosa en le fixant.

Pardaillan se mit à rire doucement et murmura:

– Je ne co

Et cependant il ne cessait de surveiller celui qui lui parlait avec une inquiétude manifeste. D’Espinosa fit un pas de plus et lui mit la main sur l’épaule. Pardaillan se mit à trembler, et d’Espinosa, sous son étreinte, le sentit chanceler, prêt à s’abattre. Pour la deuxième fois, il eut ce même sourire livide, et avec une grande douceur il dit:

– Rassure-toi, Pardaillan, je ne veux pas te faire de mal.

– Vrai? fit anxieusement le fou.

– Ne le vois-tu pas? dit l’inquisiteur qui se fit persuasif.

Pardaillan le considéra longuement avec une méfiance visible et, peu à peu, convaincu sans doute, il se rasséréna et finalement se mit à sourire, d’un sourire sans expression. Le voyant tout à fait rassuré, d’Espinosa reprit:

– Il faut te souvenir. Il le faut… entends-tu? Tu es Pardaillan.

– C’est un jeu? demanda le fou d’un air amusé. Alors je veux bien être Par… dail… lan… Et vous, qui êtes-vous?

– Je suis d’Espinosa, fit lentement le grand inquisiteur en détachant chaque syllabe.

– D’Espinosa? répéta le fou qui cherchait à se souvenir. D’Espinosa!… Je co

Et tout à coup, il parut avoir trouvé.

– Oh! s’écria-t-il, en do

– Ah! gronda d’Espinosa, tu commences à te souvenir. Oui, je suis d’Espinosa et toi tu es Pardaillan. Pardaillan, l’ami de Fausta.

– Fausta! dit le fou sans hésitation; j’ai co

– C’est bien cela, sourit d’Espinosa. La mémoire te revient tout à fait.

Mais le dément avait une idée fixe et la suivait sans défaillir. Il se pencha sur d’Espinosa et, sur un ton confidentiel:

– Vous me plaisez, dit-il. Écoutez, je vais vous dire, il ne faut pas jouer avec d’Espinosa et Fausta. Ce sont des méchants… Ils nous feront du mal.

– Misérable fou! grinça d’Espinosa, impatienté. Je te dis que d’Espinosa c’est moi. Regarde-moi bien. Rappelle-toi!

Il l’avait pris par les deux mains et, penché sur lui, à deux pouces de son visage, il fixait sur lui son regard ardent comme s’il avait espéré lui communiquer ainsi un peu de cette intelligence qu’il s’était acharné à abolir. Et soit pur hasard, soit qu’il eût réussi à lui imposer sa volonté, le fou poussa un grand cri, se dégagea d’une brusque secousse, se rencogna dans un angle du cachot, et d’une voix qui haletait, il râla:

– Je vous reco

– Enfin! tu te souviens!

– N’approchez pas!… hurla le fou au comble de l’épouvante. Je vous reco

– Cette fois tu me reco

«Et sais-tu qui m’a do