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– Sous peine de la discipline, ajoutait l’autre.

– La discipline et autres châtiments corporels, et l’in-pace [9] , et la diète forcée et…

– N’en parlons plus, interrompait Pardaillan.

Et en lui-même il ajoutait:

– Pardieu! ils n’auraient garde d’y goûter: les sacripants savent que ces mets sont empoiso

Dans ce troisième jour, frère Bautista et frère Zacarias (pourquoi ne ferions-nous pas co

– Si monsieur le chevalier veut bien passer au réfectoire, nous aurons l’ho

Pardaillan fut ébahi de cette a

À voir les mines béates et radieuses de ses deux gardiens, à leurs sourires entendus, aux coups d’œil malicieux qu’ils échangeaient, il crut comprendre qu’il se tramait quelque chose de louche contre lui. Il répondit donc sèchement:

– Mon révérend, je vous ai dit une fois pour toutes que je ne voulais point manger. Vous n’aurez donc pas l’ho

Ayant dit, il se jeta dans son fauteuil et leur tourna le dos.

Les deux moines se regardèrent consternés. Leur nez s’allongea d’une manière inquiétante, leur large bouche se crispa en un rictus larmoyant, de leur vaste poitrine jaillit un soupir capable de renverser un jeune arbrisseau.

Dans leur déception, d’autant plus cuisante que plus imprévue, ils étaient affreux et parfaitement grotesques. Si Pardaillan avait cru à leur sincérité réelle, et qu’il les eût vus en ce moment, il n’eût pu s’empêcher de rire. Mais comme il croyait à une comédie, il eût, certes, admiré ce qu’il eût pris pour un art consommé.

Cependant, frère Bautista, qui était le plus inconscient des deux, partant le plus disposé à se mettre en avant, fit une tentative désespérée, et sur un ton qui n’admettait pas de réplique:

– Il faut venir cependant, trancha-t-il.

Pardaillan, frappé de ce ton, presque menaçant, se redressa aussitôt, et avec un sourire narquois, il goguenarda:

– Il faut!… Pourquoi?

– C’est l’ordre, dit plus doucement frère Zacarias.

– Et si je refuse d’obéir à l’ordre? railla Pardaillan.

– Nous serons forcés de vous porter.

Pardaillan fit rapidement deux pas en avant. Il n’avait rien pris depuis bientôt trois jours, mais il sentait bien qu’il était encore de force à mettre facilement à la raison les deux insolents frocards. Il allait donc projeter ses deux poings en avant lorsqu’une réflexion subite arrêta le geste ébauché:

– Niais que je suis, songea-t-il. Qui sait si je ne trouverai pas l’occasion cherchée de fausser compagnie à tous ces moines, que l’enfer engloutisse! Dans tous les cas, j’ai intérêt à co

Le résultat de cette réflexion fut qu’au lieu de frapper comme il en avait eu l’intention, il répondit paisiblement avec son plus gracieux sourire:

– Soit! j’irai donc de plein gré, à seule fin de vous éviter la peine de me porter.

Les deux moines eurent une grimace de satisfaction. Ils co

– À la bo

– Allons donc, mon révérend, puisque, aussi bien, c’est l’ordre, comme dit si élégamment votre digne frère. Mais je vous préviens: cette fois-ci, pas plus que les autres, vous ne réussirez pas à me faire absorber la moindre nourriture.

Les deux moines firent la grimace. Ils échangèrent un coup d’œil inquiet, tandis que leur front se rembrunissait.

– Bah! fit frère Bautista, allons toujours. Nous verrons bien si vous aurez l’affreux courage de vous dérober devant les délices de la table qui vous attend.

Dans le couloir, ils trouvèrent une escorte de six moines robustes qui entourèrent le chevalier et le conduisirent jusqu’à la porte du réfectoire, située dans le même couloir.

L’escorte resta dehors, et Pardaillan pénétra avec ses deux gardiens ordinaires. Derrière lui, il entendit grincer les verrous. Il jeta autour de lui ce regard investigateur qui embrassait d’un seul coup jusqu’aux moindres détails et demeura tout émerveillé devant le spectacle réjouissant qui s’offrait à ses yeux.

La salle elle-même était carrée, haute de plafond, vaste de dimensions. Le plafond, le plancher, les boiseries qui la recouvraient entièrement, des essences les plus rares, étaient de véritables merveilles de mosaïque et de sculpture. Quatre tapisseries flamandes ornaient deux côtés de la salle et représentaient les quatre saisons. Mais si le décor de chacune de ces tapisseries variait, suivant la saison qu’il représentait, dans une intention qui sautait aux yeux, le fond du sujet était le même partout.

C’était une profusion de fruits, de victuailles variées, de flacons, que des perso

Dans l’Été, les perso

Notez que, tout, en accomplissant ces gestes que nous ne saurions décrire, les perso

Et toujours le même sujet, varié seulement dans les détails des gens mangeant et buvant avec des mines béates. La seule vue de ces pa

Une cheminée monumentale occupait à elle seule les deux tiers d’un côté. L’intérieur de cette cheminée était garni d’arbustes, de plantes rares, de fleurs aux parfums très doux, rangés en corbeille autour d’une vasque de marbre dont le jet d’eau retombait en pluie fine, avec un murmure caresseur, et rafraîchissant l’air, saturé de parfums. Deux fenêtres aux rideaux de velours hermétiquement clos; dix fauteuils de dimensions colossales s’espaçaient le long des boiseries; deux bahuts se faisaient vis-à-vis. Bien qu’il fît grand jour au dehors, aux quatre angles, quatre torchères énormes, chargées de cire rose et parfumée, qui se consumaient lentement et dont les volutes de fumée bleuâtre répandaient dans la salle ce parfum spécial qu’on y respirait.

Voilà ce que vit Pardaillan d’un coup d’œil.

Tout, dans cette salle, semblait avoir été aménagé en vue de la glorification de la gourmandise. Tout semblait avoir été conçu en vue de l’inciter à faire comme les perso

Au centre de la salle, une table était dressée, autour de laquelle vingt perso

Au milieu de cette table, surchargée de provisions qui eussent suffi à rassasier vingt perso

[9] L’in-pace: cachot dans un monastère où le coupable est enfermé jusqu’à sa mort.