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II

Les bessons croissaient à plaisir sans être malades plus que d'autres enfants et, mêmement, ils avaient le tempérament si doux et si bien faço

Ils étaient blonds et restèrent blonds toute leur vie. Ils avaient tout à fait bo

Cela fut cause que, de bo

En fait, l'un valait l'autre, et si Landry avait une idée de gaieté et de courage de plus que son aîné, Sylvinet était si amiteux et si fin d'esprit qu'on ne pouvait pas l'aimer moins que son cadet. On pensa bien, pendant trois mois, à les empêcher de trop s'accoutumer l'un à l'autre. Trois mois, c'est beaucoup en campagne, pour observer une chose contre la coutume. Mais, d'un côté on ne voyait point que cela fit grand effet; d'autre part, M. le curé avait dit que la mère sagette était une radoteuse et que ce que le bon Dieu avait mis dans les lois de la nature ne pouvait être défait par les hommes, si bien qu'on oublia peu à peu tout ce qu'on s'était promis de faire. La première fois qu'on leur ôta leur fourreau pour les conduire à la messe en culottes, ils furent habillés du même drap car ce fut un jupon de leur mère qui servit pour les deux habillements, et la façon fut la même, le tailleur de la paroisse n'en co

Quand l'âge leur vint, on remarqua qu'ils avaient le même goût pour la couleur, et quand leur tante Rosette voulut leur faire cadeau à chacun d'une cravate, à la nouvelle a

– Et la couleur de mon cheval, dit le marchand en souriant, comment la trouvez-vous?

– Bien laide, dit Landry. Il ressemble à une vieille pie.

– Tout à fait laide, dit Sylvinet. C'est absolument une pie mal plumée.

– Vous voyez bien, dit le mercier à la tante, d'un air judicieux, que ces enfants-là ont la même vue. si l'un voit jaune ce qui est rouge, aussitôt l'autre verra rouge ce qui est jaune, et il ne faut pas les contrarier là-dessus car on dit que quand on veut empêcher les bessons de se considérer comme les deux empreintes d'un même dessin, ils devie

Le mercier disait cela parce que ses cravates lilas étaient mauvais teint et qu'il avait envie d'en vendre deux à la fois.

Par la suite du temps, tout alla de même, et les bessons furent habillés si pareillement qu'on avait encore plus souvent lieu de les confondre et, soit par malice d'enfant, soit par la force de cette loi de nature que le curé croyait impossible à défaire, quand l'un avait cassé le bout de son sabot, bien vite l'autre écornait le sien du même pied; quand l'un déchirait sa veste ou sa casquette, sans tarder, l'autre imitait si bien la déchirure, qu'on aurait dit que le même accident l'avait occasio

Bonheur ou malheur, cette amitié-là augmentait toujours avec l'âge, et le jour où ils surent raiso

Malgré cette grande ressemblance et cette grande inclination, Dieu, qui n'a rien fait d'absolument pareil dans le ciel et sur la terre, voulut qu'ils eussent un sort bien différent, et c'est alors qu'on vit que c'étaient deux créatures séparées dans l'idée du bon Dieu, et différentes dans leur propre tempérament.

On ne vit la chose qu'à l'essai, et cet essai arriva après qu'ils eurent fait ensemble leur première communion. La famille du père Barbeau augmentait, grâce à ses deux filles aînées qui ne chômaient pas de mettre de beaux enfants au monde. son fils aîné, Martin, un beau et brave garçon, était au service; ses gendres travaillaient bien mais l'ouvrage n'abondait pas toujours. Nous avons eu dans nos pays une suite de mauvaises a