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Et, comme je vous le livre, telles furent, les trois ans que nous restâmes à Aix, et la tâche et l’étude du chevalier Mathieu.
Oh! les belles excursions, là-bas, au pont de l’Arc, sur la grand’route de Marseille, dans la poussière jusqu’à mi-jambe et les parties au Tholonet, – où nous allions humer le vin cuit de Langesse; et les duels entre étudiants, dans le vallon des Infernets, avec les pistolets chargés de crottes de chèvre; et ce joli voyage qu’avec la diligence nous fîmes à Toulon, en passant par le bois de Cuge et à travers les gorges d’Ollioules!
Un peu plus, un peu moins, nous faisions ce qu’avaient fait, mon Dieu! les étudiants du temps des papes d’Avignon et du temps de la reine Jea
Genti gallantes sunt omnes Instudiantes
Et bellas garsas semper amare soient;
Et semper, semper sunt de bragantibus ipsi;
Inter mignonos gloria prima manet:
Banquetant, bragant, faciunt miracula plura,
Et de bonitate sunt sine fine boni.
(De gentillessiis Instudiantium.)
Tandis qu’au Gai-Savoir, dans la noble cité des comtes de Provence, nous nous initions ainsi, Roumanille, plus sage, publiait en Avignon, dans un journal de guerre appelé la Commun , ces dialogues pleins de sens, de saveur, de vaillance, tels que le Thym, Un Rouge et un Blanc, les Prêtres , qui mettaient en valeur et popularisaient la prose provençale.
Puis, avec la décision, avec l’autorité que lui do
Ce précoce recueil contenait des poésies du vieux docteur d’Astros et de Gaut, d’Aix; des Marseillais Aubert, Bellot, Bénédit, Bourrelly et de Barthélemy (celui de la Némésis ,); des Avigno
Mais les morceaux les plus nombreux étaient de Roumanille, alors en pleine production et duquel Sainte-Beuve avait salué les Crèches comme «dignes de Klopstock». Théodore Aubanel, dans ses vingt-deux ans, do
Nous trouvâmes dans les berges
Revêtue d’un méchant haillon,
La langue provençale:
En allant paître les brebis,
La chaleur avait bruni sa peau,
La pauvre n’avait que ses longs cheveux
Pour couvrir ses épaules.
Et voilà que des jeunes hommes,
En vaguant par là
Et la voyant si belle,
Se sentirent émus.
Qu’ils soient donc les bienvenus,
Car ils l’ont vêtue dûment
Comme une demoiselle.
Mais revenons aux amours de Mathieu avec la baro
Chaque fois que je rencontrais mon étudiant «en lois d’amour», je l’interpellais ainsi:
– Eh bien!, Mathieu, où en sommes-nous?
– Nous en sommes, me répondit-il un jour, que Lélette (c’était le nom de la blanchisseuse) a fini par m’indiquer l’hôtel de la baro
Et, disant cela, Mathieu m’exhibait une fleur fanée et, faisant les yeux tendres, lançait à la volée un baiser dans l’azur. Un mois, deux mois passèrent, je ne rencontrais plus Mathieu. Je dis:
– Allons le voir.
Je monte donc à sa chambrette – et qu’est-ce que je trouve? Mon Anselme, qui, le pied sur une chaise, me fait:
– Arrive vite, que je te conte mon accident… Figure-t-on, mon bon, que j’avais trouvé le joint, une nuit sur les onze heures, pour entrer dans le jardin de ma divine baro
Vous pouvez penser si nous rîmes à nous démonter la mâchoire!
– Mais, au moins, tu as fait venir un médecin?
– Oh! ça ne vaut pas la peine, dit-il… La mère de Lélette se trouve une conjuratrice (tu les co
Et, maintenant, j’attends, en lisant les Pâquerettes de l’ami Roumanille, que Dieu y mette sa sainte main… Mais le temps ne me dure pas: car Lélette m’apporte, deux fois par jour, mon ordinaire; et, à défaut de grives, comme dit le proverbe, on mange des merlettes.
Or ça, l’ami Mathieu, futur (et bien nommé) Félibre des Baisers, qui fut toute sa vie le plus beau songe-fêtes que j’aie jamais co