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– Mais comment la co
– Mais comment, vous ne savez pas qu'elle a joué chez moi avant tout le monde? je n'en suis pas plus fière pour cela, dit en riant Mme de Guermantes, heureuse pourtant, puisqu'on parlait de cette actrice, de faire savoir qu'elle avait eu la primeur de ses ridicules. Allons, je n'ai plus qu'à partir, ajouta-t-elle sans bouger.
Elle venait de voir entrer son mari, et par les mots qu'elle prononçait, faisait allusion au comique d'avoir l'air de faire ensemble une visite de noces, nullement aux rapports souvent difficiles qui existaient entre elle et cet énorme gaillard vieillissant, mais qui menait toujours une vie de jeune homme. Promenant sur le grand nombre de perso
Formidablement riche dans un monde où on l'est de moins en moins, ayant assimilé à sa perso
– Vraiment, elle a joué chez vous? demanda M. d'Argencourt à la duchesse.
– Mais voyons, elle est venue réciter, avec un bouquet de lis dans la main et d'autres lis «su» sa robe. (Mme de Guermantes mettait, comme Mme de Villeparisis, de l'affectation à prononcer certains mots d'une façon très paysa
Avant que M. de Norpois, contraint et forcé, n'emmenât Bloch dans la petite baie où ils pourraient causer ensemble, je revins un instant vers le vieux diplomate et lui glissai un mot d'un fauteuil académique pour mon père. Il voulut d'abord remettre la conversation à plus tard. Mais j'objectai que j'allais partir pour Balbec. «Comment! vous allez de nouveau à Balbec? Mais vous êtes un véritable globe-trotter!» Puis il m'écouta. Au nom de Leroy-Beaulieu, M. de Norpois me regarda d'un air soupço
– Vous n'avez pas l'intention d'entretenir l'Institut du prix du pain pendant la Fronde? demanda timidement l'historien de la Fronde à M. de Norpois. Vous pourriez trouver là un succès considérable (ce qui voulait dire me faire une réclame monstre), ajouta-t-il en souriant à l'Ambassadeur avec une pusillanimité mais aussi une tendresse qui lui fit lever les paupières et découvrir ses yeux, grands comme un ciel. Il me semblait avoir vu ce regard, pourtant je ne co
– Vous savez de qui nous parlons, Basin? dit la duchesse à son mari.
– Naturellement je devine, dit le duc.
– Ah! ce n'est pas ce que nous appelons une comédie
– Jamais, reprit Mme de Guermantes s'adressant à M. d'Argencourt, vous n'avez imaginé quelque chose de plus risible.
– C'était même drolatique, interrompit M. de Guermantes dont le bizarre vocabulaire permettait à la fois aux gens du monde de dire qu'il n'était pas un sot et aux gens de lettres de le trouver le pire des imbéciles.
– Je ne peux pas comprendre, reprit la duchesse, comment Robert a jamais pu l'aimer. Oh! je sais bien qu'il ne faut jamais discuter ces choses-là, ajouta-t-elle avec une jolie moue de philosophe et de sentimentale désenchantée. Je sais que n'importe qui peut aimer n'importe quoi. Et, ajouta-t-elle-car si elle se moquait encore de la littérature nouvelle, celle-ci, peut-être par la vulgarisation des journaux ou à travers certaines conversations, s'était un peu infiltrée en elle-c'est même ce qu'il y a de beau dans l'amour, parce que c'est justement ce qui le rend «mystérieux».
– Mystérieux! Ah! j'avoue que c'est un peu fort pour moi, ma cousine, dit le comte d'Argencourt.
– Mais si, c'est très mystérieux, l'amour, reprit la duchesse avec un doux sourire de femme du monde aimable, mais aussi avec l'intransigeante conviction d'une wagnérie
Mais après avoir posé ce principe, elle y manqua immédiatement en critiquant le choix de Saint-Loup.
– Voyez-vous, tout de même, je trouve éto