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XIX

Avant que de se mettre à l’ouvrage, François, dès qu’il fut seul avec Madeleine et Jea

Il se mit à examiner les papiers, et fut bientôt au fait de ce que prétendait la Sévère et de ce qu’il restait de bien à Madeleine pour la contenter. En outre de tout ce que la Sévère avait mangé et fait manger à Cadet Blanchet, elle prétendait encore être créancière de deux cents pistoles, et Madeleine n’avait guère plus de son propre bien, réuni à l’héritage laissé à Jea

– Dieu merci! pensa François, j’ai quatre cents pistoles chez monsieur le curé d’Aigurande, et en supposant que je ne puisse pas mieux faire, Madeleine conservera du moins sa demeurance, le produit de son moulin et ce qui reste de sa dot. Mais je crois bien qu’on pourra s’en tirer à moins. D’abord, savoir si les billets souscrits par Blanchet à la Sévère n’ont pas été extorqués par ruse et gueuserie, ensuite faire un coup de commerce sur les terres vendues. Je sais bien comment ces affaires-là se conduisent et, d’après les noms des acquéreurs, je mettrais ma main au feu que je vas trouver par là le nid aux écus.

La chose était que Blanchet, deux ou trois ans avant sa fin, pressé d’argent et affoulé de mauvaises dettes envers la Sévère, avait vendu à bas prix et à quiconque s’était présenté, faisant par là passer ses créances à la Sévère et croyant se débarrasser d’elle et des compères qui l’avaient aidée à le ruiner. Mais il était advenu ce qu’on voit souvent dans la vente au détail. Quasi tous ceux qui s’étaient pressés d’acheter, alléchés par la bo

Nous savons bien tous la chose, bo

Par ainsi, la Sévère avait son argent placé à bo

En voyant toute cette manigance, François pourpensait au moyen de ravoir les terres à bon marché sans ruiner perso

La chose n’était point aisée. Il avait de l’argent en suffisance pour ravoir quasiment le tout au prix de vente. La Sévère ni perso

Co

Le remède, à ce que prétendent les bourgeois de chez nous, serait de n’avoir jamais besoin ni envie de rien. Et dimanche passé je fis réponse à un qui me prêchait ça très bien, que si nous pouvions être assez raiso

Suivant la chose comme vous et moi, François le champi se tabustait beaucoup la cervelle pour trouver le moyen par où décider les acheteurs à lui revendre. Et celui qu’il trouva à la parfin, ce fut de leur couler dans l’oreille un beau petit mensonge, comme quoi la Sévère avait l’air, plus que la chanson, d’être riche; qu’elle avait plus de dettes qu’il n’y a de trous dans un crible, et qu’au premier beau matin ses créanciers allaient faire saisie sur toutes ses créances comme sur tout son avoir. Il leur dirait la chose en confidence, et quand il les aurait bien épeurés, il ferait agir Madeleine Blanchet avec son argent à lui pour ravoir les terres au prix de vente.

Il se fit conscience pourtant de cette menterie, jusqu’à ce qu’il lui vint l’idée de faire à chacun des pauvres acquéreurs un petit avantage pour les compenser des intérêts qu’ils avaient déjà payés. Et de cette manière, il ferait rentrer Madeleine dans ses droits et jouissances, en même temps qu’il sauverait les acquéreurs de toute ruine et dommage. Tant qu’à la Sévère et au discrédit que son propos pourrait lui occasio

Là-dessus Jea