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XVIII

Catherine courut vitement chercher Jea

Et, tant par bo

– Ne me répondez pas, ne me parlez pas, ma chère mère, vous êtes trop faible, ne dites rien. Seulement, regardez-moi, si vous avez du plaisir à me revoir, et je comprendrai bien si vous agréez mon amitié et mon service.

Et Madeleine le regardait d’un air si serein, et elle l’écoutait avec tant de consolation, qu’ils se trouvaient heureux et contents malgré le malheur de cette maladie.

Jea

– Oh! je suis content de te voir comme te voilà, mon Jea

– Oui, mes quatre cents volontés, dit Jea

– Oui-da! il a bo

– Oh! non, dit Madeleine; il est devenu bien raiso

– Ni plus ni moins? dit François.

– Oh! je veux bien, répondit Jea

– C’est bien parler, ça, Jea

Catherine était sur le pas de la porte, bien curieuse de rentrer pour voir François et lui parler aussi; mais la Mariette la tenait par le bras, et ne lâchait pas de la questio

– Comment, disait-elle, c’est un champi? Il a pourtant un air bien ho

Et elle le regardait du dehors par le barreau de la porte, qu’elle entre-bâillait un petit.

– Mais comment donc est-il si ami avec Madeleine?

– Mais puisque je vous dis qu’elle l’a élevé et qu’il était très bon sujet.

Mais elle ne m’en a jamais parlé; ni toi, non plus.

– Ah! dame! moi, je n’y ai jamais songé; il n’était plus là, je ne m’en souvenais quasiment plus; et puis je savais que notre maîtresse avait eu des peines par rapport à lui, et je ne voulais pas le lui faire désoublier.

– Des peines? quelles peines donc?

– Dame! parce qu’elle s’y était attachée, et c’était bien force: il était de si bon cœur, cet enfant-là! et votre frère n’a pas voulu le souffrir à la maison; vous savez bien qu’il n’est pas toujours mignon, votre frère!

– Ne disons pas cela à présent qu’il est mort, Catherine!

– Oui, oui, c’est juste, je n’y pensais plus, ma foi; c’est que j’ai l’idée si courte! Et si pourtant, il n’y a que quinze jours! Mais laissez-moi donc rentrer, demoiselle; je veux le faire dîner, ce garçon; m’est avis qu’il doit avoir faim.

Et elle s’échappa pour aller embrasser François; car il était si beau garçon, qu’elle n’avait plus souvenance d’avoir dit, dans les temps, qu’elle aimerait mieux biger son sabot qu’un champi.

– Ah! mon pauvre François, qu’elle lui dit, je suis aise de te voir. Je croyais bien que tu ne retournerais jamais. Mais voyez donc, notre maîtresse, comme il est devenu? Je m’éto

Madeleine riait tout doucement de voir Catherine si contente de François, et elle le regardait, contente aussi de le retrouver en si belle jeunesse et santé. Elle aurait voulu voir son Jea

Et voilà que, sans y songer, elle se mit à le servir fort ho

– Mangez donc mieux que ça, lui disait-elle, vous ne vous nourrissez quasi point. Vous devriez avoir plus d’appétit, puisque vous venez de si loin.

– Ne faites pas attention à moi, demoiselle, lui répondit à la fin François; je suis trop content d’être ici pour avoir grande envie de boire et manger.

– Ah çà! voyons, dit-il à Catherine quand la table fut rangée, montre-moi un peu le moulin et la maison, car tout ça m’a paru négligé, et il faut que je cause avec toi.

Et quand il l’eut menée dehors, il la questio

– Ah! François, dit Catherine en commençant de pleurer, tout va pour le plus mal, et si perso

– Ne pleure pas, car ça me gêne pour entendre, dit François, et tâche de te bien expliquer. Quelle méchante femme veux-tu dire? la Sévère?

– Eh oui! pardi! Elle ne s’est pas contentée de faire ruiner notre défunt maître. Elle a maintenant prétention sur tout ce qu’il a laissé. Elle cherche cinquante procédures, elle dit que Cadet Blanchet lui a fait des billets, et que quand elle aura fait vendre tout ce qui nous reste, elle ne sera pas encore payée. Tous les jours elle nous envoie des huissiers, et les frais montent déjà gros. Notre maîtresse, pour la contenter, a déjà payé ce qu’elle a pu, et du tracas que tout ça lui do

Et elle recommença de pleurer.

– Et toi, Catherine? lui dit François, es-tu créancière aussi? tes gages ont-ils été payés?

– Créancière, moi! dit Catherine en changeant sa voix dolente en une voix de bœuf; jamais! Jamais! Que mes gages soient payés ou non, ça ne regarde perso

– à la belle heure, Catherine, c’est bien parlé! lui dit François. Continue à bien soigner ta maîtresse, et n’aie souci du reste. J’ai gagné un peu d’argent chez mes maîtres, et j’apporte de quoi sauver les chevaux, la récolte et les arbres. Quant au moulin, je m’en vas lui dire deux mots, et s’il y a du désarroi, je n’ai pas besoin de charron pour le remettre en danse. Il faut que Jea