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En ce moment, les deux jeunes gens étaient convenus de se voir à une certaine heure du jour et le dimanche, à Saint-Leu, pendant la messe et les vêpres. Augustine avait envoyé à son cher Théodore la liste des parents et des amis de la famille, chez lesquels le jeune peintre tâcha d’avoir accès afin d’intéresser à ses amoureuses pensées, s’il était possible, une de ces âmes occupées d’argent, de commerce, et auxquelles une passion véritable devait sembler la spéculation la plus monstrueuse, une spéculation inouïe. D’ailleurs, rien ne changea dans les habitudes du Chat-qui-pelote. Si Augustine fut distraite, si, contre toute espèce d’obéissance aux lois de la charte domestique, elle monta à sa chambre pour y aller, grâce à un pot de fleurs, établir des signaux; si elle soupira, si elle pensa enfin, perso
À la faveur de ce tumulte a
– Asseyez-vous là, lui dit Guillaume en lui désignant le tabouret.
Comme jamais le vieux maître-drapier n’avait fait asseoir son commis devant lui, Joseph Lebas tressaillit.
– Que pensez-vous de ces traites? demanda Guillaume.
– Elles ne seront pas payées.
– Comment?
– Mais j’ai su qu’avant-hier Étie
– Oh! oh! s’écria le drapier, il faut être bien malade pour laisser voir sa bile. Parlons d’autre chose. Joseph, l’inventaire est fini.
– Oui, monsieur, et le dividende est un des plus beaux que vous ayez eus.
– Ne vous servez donc pas de ces nouveaux mots! Dites le produit, Joseph. Savez-vous, mon garçon, que c’est un peu à vous que nous devons ces résultats! aussi, ne veux-je plus que vous ayez d’appointements. Madame Guillaume m’a do
Les larmes vinrent aux yeux de Joseph Lebas, qui s’efforça de les cacher. – Ah, monsieur Guillaume! comment ai-je pu mériter tant de bontés? Je n’ai fait que mon devoir. C’était déjà tant que de vous intéresser à un pauvre orph…
Il brossait le parement de sa manche gauche avec la manche droite, et n’osait regarder le vieillard qui souriait en pensant que ce modeste jeune homme avait sans doute besoin, comme lui autrefois, d’être encouragé pour rendre l’explication complète.
– Cependant, reprit le père de Virginie, vous ne méritez pas beaucoup cette faveur, Joseph! Vous ne mettez pas en moi autant de confiance que j’en mets en vous. (Le commis releva brusquement la tête.) – Vous avez le secret de la caisse. Depuis deux ans je vous ai dit presque toutes mes affaires. Je vous ai fait voyager en fabrique. Enfin, pour vous, je n’ai rien sur le cœur. Mais vous?… vous avez une inclination, et ne m’en avez pas touché un seul mot. (Joseph Lebas rougit.) – Ah! ah! s’écria Guillaume, vous pensiez donc tromper un vieux renard comme moi? Moi! à qui vous avez vu deviner la faillite Lecoq.
– Comment, monsieur? répondit Joseph Lebas en examinant son patron avec autant d’attention que son patron l’examinait, comment, vous sauriez qui j’aime?
– Je sais tout, vaurien, lui dit le respectable et rusé marchand en lui tordant le bout de l’oreille. Et je te pardo
– Et vous me l’accorderiez?
– Oui, avec cinquante mille écus, et je t’en laisserai autant, et nous marcherons sur nouveaux frais avec une nouvelle raison sociale. Nous brasserons encore des affaires, garçon, s’écria le vieux marchand en s’exaltant, se levant et agitant ses bras. Vois-tu, mon gendre, il n’y a que le commerce! Ceux qui se demandent quels plaisirs on y trouve sont des imbéciles. Être à la piste des affaires, savoir gouverner sur la place, attendre avec anxiété, comme au jeu, si les Étie