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XLVII

J'étais habitué, pour ainsi dire, à la surprise avec cet homme. Ce n'était pas sans éto

Il ne parut pas s'apercevoir de l'impression qu'avaient produite sur moi ces dernières paroles.

– L'on m'avait dit, reprit-il, que tu étais de ton côté priso

– Pourquoi me disais-tu donc tout à l'heure que tu n'étais pas libre?

– Il me regarda, comme cherchant à deviner ce qui amenait cette question toute naturelle.

– Écoute, me dit-il, ce matin j'étais priso

Je le retins encore.

– Tu t'es donc échappé? lui dis-je.

– Et comment serais-je ici? Ne fallait-il pas te sauver? Ne te dois-je pas la vie? Allons, suis-moi maintenant. Nous sommes à une heure de marche du camp des blancs comme du camp de Biassou. Vois, l'ombre de ces cocotiers s'allonge, et leur tête ronde parait sur l'herbe comme l'œuf énorme du condor. Dans trois heures le soleil sera couché. Viens, frère, le temps presse.

Dans trois heures le soleil sera couché . Ces paroles si simples me glacèrent comme une apparition funèbre. Elles me rappelèrent la promesse fatale que j'avais faite à Biassou. – Hélas! en revoyant Marie, je n'avais plus pensé à notre séparation éternelle et prochaine; je n'avais été que ravi et enivré; tant d'émotions m'avaient enlevé la mémoire, et j'avais oublié ma mort dans mon bonheur. Le mot de mon ami me rejeta violemment dans mon infortune. Dans trois heures le soleil sera couché! Il fallait une bo

– Mon devoir était impérieusement prescrit; le brigand avait ma parole, et il valait mieux encore mourir que de do