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– Mes frères, ne laissez pas so

– Deux? dit l’Imânus.

– Oui. Deux.

– Qui?

– Lantenac et moi.

Et Cimourdain éleva la voix:

– Deux hommes sont de trop, Lantenac pour nous, moi pour vous. Voici ce que je vous offre, et vous aurez tous la vie sauve: do

– Prêtre, hurla l’Imânus, si nous t’avions, nous te brûlerions à petit feu.

– J’y consens, dit Cimourdain.

Et il reprit:

– Vous, les condamnés qui êtes dans cette tour, vous pouvez tous dans une heure être vivants et libres. Je vous apporte le salut. Acceptez-vous?

L’Imânus éclata.

– Tu n’es pas seulement scélérat, tu es fou. Ah çà, pourquoi viens-tu nous déranger? Qui est-ce qui te prie de venir nous parler? Nous, livrer monseigneur! Qu’est-ce que tu veux?

– Sa tête. Et je vous offre…

– Ta peau. Car nous t’écorcherions comme un chien, curé Cimourdain. Eh bien, non, ta peau ne vaut pas sa tête. Va-t’en.

– Cela va être horrible. Une dernière fois, réfléchissez.

La nuit venait pendant ces paroles sombres qu’on entendait au dedans de la tour comme au dehors. Le marquis de Lantenac se taisait et laissait faire. Les chefs ont de ces sinistres égoïsmes. C’est un des droits de la responsabilité.

L’Imânus jeta sa voix par-dessus Cimourdain, et cria:

– Hommes qui nous attaquez, nous vous avons dit nos propositions, elles sont faites, et nous n’avons rien à y changer. Acceptez-les, sinon, malheur! Consentez-vous? Nous vous rendrons les trois enfants qui sont là, et vous nous do

– À tous, oui, répondit Cimourdain, excepté un.

– Lequel?

– Lantenac.

– Monseigneur! livrer monseigneur! Jamais.

– Il nous faut Lantenac.

– Jamais.

– Nous ne pouvons traiter qu’à cette condition.

– Alors commencez.

Le silence se fit.

L’Imânus, après avoir so

– Au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit!

Tous firent feu à la fois, et la lutte s’engagea.

IX TITANS CONTRE GÉANTS

Cela fut en effet épouvantable.

Ce corps à corps dépassa tout ce qu’on avait pu rêver.

Pour trouver quelque chose de pareil, il faudrait remonter aux grands duels d’Eschyle ou aux antiques tueries féodales; à ces «attaques à armes courtes » qui ont duré jusqu’au dix-septième siècle, quand on pénétrait dans les places fortes par les fausses brayes, assauts tragiques, où, dit le vieux sergent de la province d’Alentejo, «les fourneaux ayant fait leur effet, les assiégeants s’avanceront portant des planches couvertes de lames de fer-blanc, armés de rondaches et de mantelets, et fournis de quantité de grenades, faisant abando

Le lieu d’attaque était horrible; c’était une de ces brèches qu’on appelle en langue du métier brèches sans voûte , c’est-à-dire, on se le rappelle, une crevasse traversant le mur de part en part et non une fracture évasée à ciel ouvert. La poudre avait agi comme une vrille. L’effet de la mine avait été si violent que la tour avait été fendue par l’explosion à plus de quarante pieds au-dessus du fourneau, mais ce n’était qu’une lézarde, et la déchirure praticable qui servait de brèche et do

C’était une ponction au flanc de la tour, une longue fracture pénétrante, quelque chose comme un puits couché à terre, un couloir serpentant et montant comme un intestin à travers une muraille de quinze pieds d’épaisseur, on ne sait quel informe cylindre encombré d’obstacles, de pièges, d’explosions, où l’on se heurtait le front aux granits, les pieds aux gravats, les yeux aux ténèbres.

Les assaillants avaient devant eux ce porche noir, bouche de gouffre ayant pour mâchoires, en bas et en haut, toutes les pierres de la muraille déchiquetée; une gueule de requin n’a pas plus de dents que cet arrachement effroyable. Il fallait entrer dans ce trou et en sortir.

Dedans éclatait la mitraille, dehors se dressait la retirade. Dehors, c’est-à-dire dans la salle basse du rez-de-chaussée.

Les rencontres de sapeurs dans les galeries couvertes quand la contre-mine vient couper la mine, les boucheries à la hache sous les entreponts des vaisseaux qui s’abordent dans les batailles navales, ont seules cette férocité. Se battre au fond d’une fosse, c’est le dernier degré de l’horreur. Il est affreux de s’entretuer avec un plafond sur la tête. Au moment où le premier flot des assiégeants entra, toute la retirade se couvrit d’éclairs, et ce fut quelque chose comme la foudre éclatant sous terre. Le to

On eût dit que c’était la tour elle-même qui saignait et que la géante était blessée.

Chose surprenante, cela ne faisait presque pas de bruit dehors. La nuit était très noire, et dans la plaine et dans la forêt il y avait autour de la forteresse attaquée une sorte de paix funèbre. Dedans c’était l’enfer, dehors c’était le sépulcre. Ce choc d’hommes s’exterminant dans les ténèbres, ces mousqueteries, ces clameurs, ces rages, tout ce tumulte expirait sous la masse des murs et des voûtes, l’air manquait au bruit, et au carnage s’ajoutait l’étouffement. Hors de la tour, cela s’entendait à peine. Les petits enfants dormaient pendant ce temps-là.

L’acharnement augmentait. La retirade tenait bon. Rien de plus malaisé à forcer que ce genre de barricade en chevron rentrant. Si les assiégés avaient contre eux le nombre, ils avaient pour eux la position. La colo

Gauvain, qui avait des imprudences de jeune chef, était dans la salle basse au plus fort de la mêlée, avec toute la mitraille autour de lui. Ajoutons qu’il avait la confiance de l’homme qui n’a jamais été blessé.

Comme il se retournait pour do

– Cimourdain! s’écria-t-il, qu’est-ce que vous venez faire ici?

C’était Cimourdain en effet. Cimourdain répondit:

– Je viens être près de toi.

– Mais vous allez vous faire tuer!

– Hé bien, toi, qu’est-ce que tu fais donc?

– Mais je suis nécessaire ici. Vous pas.

– Puisque tu y es, il faut que j’y sois.

– Non, mon maître.

– Si, mon enfant!

Et Cimourdain resta près de Gauvain.