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Voici ce qu’il importe que vous entendiez:

N’oubliez pas que la guerre que vous nous faites n’est point juste. Nous sommes des gens qui habitons notre pays, et nous combattons ho

Vous qui êtes ici et qui m’entendez, vous nous avez traqués dans la forêt, et vous nous cernez dans cette tour; vous avez tué ou dispersé ceux qui s’étaient joints à nous; vous avez du canon; vous avez réuni à votre colo

Nous avons des vivres et des munitions.

Vous avez réussi à pratiquer une mine et à faire sauter un morceau de notre rocher et un morceau de notre mur.

Cela a fait un trou au pied de la tour, et ce trou est une brèche par laquelle vous pouvez entrer, bien qu’elle ne soit pas à ciel ouvert et que la tour, toujours forte et debout, fasse voûte au-dessus d’elle.

Maintenant vous préparez l’assaut.

Et nous, d’abord monseigneur le marquis, qui est prince de Bretagne et prieur séculier de l’abbaye de Sainte-Marie de Lantenac, où une messe de tous les jours a été fondée par la reine Jea

Hommes qui êtes au bas de cette tour, écoutez.

Nous avons en nos mains trois priso

À une condition.

C’est que nous aurons la sortie libre.

Si vous refusez, écoutez bien, vous ne pouvez attaquer que de deux façons: par la brèche, du côté de la forêt; ou par le pont, du côté du plateau. Le bâtiment sur le pont a trois étages; dans l’étage d’en bas, moi l’Imânus, moi qui vous parle, j’ai fait mettre six to

À présent, acceptez ou refusez.

Si vous acceptez, nous sortons.

Si vous refusez, les enfants meurent.

J’ai dit.

L’homme qui parlait du haut de la tour se tut.

Une voix d’en bas cria:

– Nous refusons.

Cette voix était brève et sévère. Une autre voix moins dure, ferme pourtant, ajouta:

– Nous vous do

Il y eut un silence, et la même voix continua:

– Demain, à pareille heure, si vous n’êtes pas rendus, nous do

Et la première voix reprit:

– Et alors pas de quartier.

À cette voix farouche, une autre voix répondit du haut de la tour. On vit entre deux créneaux se pencher une haute silhouette dans laquelle on put, à la lueur des étoiles, reco

– Tiens, c’est toi, prêtre!

– Oui, c’est moi, traître! répondit la rude voix d’en bas.

XI AFFREUX COMME L’ANTIQUE

La voix implacable en effet était la voix de Cimourdain; la voix plus jeune et moins absolue était celle de Gauvain.

Le marquis de Lantenac, en reco

En peu de semaines, dans ce pays que la guerre civile faisait sanglant, Cimourdain, on le sait, était devenu fameux; pas de notoriété plus lugubre que la sie

Disons-le, ces deux hommes, le marquis et le prêtre, étaient jusqu’à un certain point le même homme. Le masque de bronze de la guerre civile a deux profils, l’un tourné vers le passé, l’autre tourné vers l’avenir, mais aussi tragiques l’un que l’autre. Lantenac était le premier de ces profils, Cimourdain était le second; seulement l’amer rictus de Lantenac était couvert d’ombre et de nuit, et sur le front fatal de Cimourdain il y avait une lueur d’aurore.

Cependant la Tourgue assiégée avait un répit.

Grâce à l’intervention de Gauvain, on vient de le voir, une sorte de trêve de vingt-quatre heures avait été convenue.

L’Imânus, du reste, était bien renseigné, et, par suite des réquisitions de Cimourdain, Gauvain avait maintenant sous ses ordres quatre mille cinq cents hommes, tant garde nationale que troupe de ligne, avec lesquels il cernait Lantenac dans la Tourgue, et il avait pu braquer contre la forteresse douze pièces de canon, six du côté de la tour, sur la lisière de la forêt, en batterie enterrée, et six du côté du pont, sur le plateau, en batterie haute. Il avait pu faire jouer la mine, et la brèche était ouverte au pied de la tour.

Ainsi, sitôt les vingt-quatre heures de trêve expirées, la lutte allait s’engager dans les conditions que voici:

Sur le plateau et dans la forêt, on était quatre mille cinq cents.

Dans la tour, dix-neuf.

Les noms de ces dix-neuf assiégés peuvent être retrouvés par l’histoire dans les affiches de mise hors la loi. Nous les rencontrerons peut-être.

Pour commander à ces quatre mille cinq cents hommes qui étaient presque une armée, Cimourdain aurait voulu que Gauvain se laissât faire adjudant général. Gauvain avait refusé, et avait dit: «Quand Lantenac sera pris, nous verrons. Je n’ai encore rien mérité.»

Ces grands commandements avec d’humbles grades étaient d’ailleurs dans les mœurs républicaines. Bonaparte, plus tard, fut en même temps chef d’escadron d’artillerie et général en chef de l’armée d’Italie.

La Tour-Gauvain avait une destinée étrange: un Gauvain l’attaquait, un Gauvain la défendait. De là, une certaine réserve dans l’attaque, mais non dans la défense, car M. de Lantenac était de ceux qui ne ménagent rien, et d’ailleurs il avait surtout habité Versailles et n’avait aucune superstition pour la Tourgue, qu’il co

Le point faible de la forteresse était le pont; mais dans la bibliothèque, qui était sur le pont, il y avait les archives de la famille; si l’assaut était do