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Fatigue et e
Pouvoir le guérir, faire naître en lui des expressions puissantes, générosité et pensée.
Mon impétueuse fantaisie est telle que je soupço
Comme si elles descendaient du génie de l´antique choeur tragique ou d'un chant de Leopardi… Comme si elles étaient de douces voûtes de cloîtres parmi les lourdes bâtisses des villes. Cette marée urbaine qu´il me semble parfois effleurer de ma seule dépouille et avec mon vain désir de mort, disparaît. L´onde est en moi, dans la sensibilité qui atteint tout, que moi, comme si j´étais une millénaire, j´ai affinée pour toute vérité de création, pour les dons comme pour les offenses,Seigneur.
"Seigneur, faites-moi devenir grande et brave", priais-je étant enfant.
Les profondes compensations, les guirlandes d´étoiles me vie
Sous des formes primitives, nettes, suscitées pour moi seule.
Joies pour toujours.
Elles vie
Absoute, reconsacrée, la simplicité héroïque de l´être féminin, sans nom ni âge, va libre, hardie, riante.
Eclatantes rencontres de beaux visages mâles, ferme beauté de physionomies imprévues, sursaut secret à l´avertissement instantané du désir viril, sursaut si semblable au frisson mortel de la volupté, instinct de fuite, anxiété d´être poursuivie, merveilleuse violence de magie, homme et femme, plantes de forêts, par un seul vent surprises et secouées.
Torses d´athlètes harmonieux, formes vivantes, sacrées comme des bronzes immortels.
Sous les habits du gentilhomme ou sous les loques du mendiant, magnificence tacite.
Tel que je caresse-durant une heure, durant mille, durant un temps i
Toute, je me sens fleur, plongée dans la luxuriante nature. Durant une heure, durant mille, durant un temps i
Puissance divine de joie sous le ciel, divine splendeur des motifs de joie!
Prodigieuse balance, si la mémoire est ho
Ce que superbement j´atteste.
Par toutes les choses horribles que j´ai vues et sues, moi qui ai payé pour tant de femmes, moi sur qui l´homme s´est vengé de tant de femmes. Par les meurtrissures que le dément laissa sur mes membres blancs, que je regardais stupéfaite, et il éclatait d´un rire strident et sinistre et lançait des injures et des crachats. Par les roses qui furent déchirées avec mépris sur le bord de ma robe. Moi qui étais la vie et qui ai su jusqu´où va l'homme quand il hait la vie.
Prodigieuse balance, si la mémoire est ho
Je sortis un jour d´une prison où, à travers les barreaux, un visage accablé de malheur m´invoquait, souverain visage qui me demandait pardon, cher, ah! si cher visage retrouvé et pour toujours reperdu! Ma solitude me parut plus horrible que cette prison même où l'on gémissait et où au moins il y avait la compagnie de quelque geôlier. L´air transparent, le beau septembre, la gloire candide d´une montagne à l´horizon, et moi sur la place, sous le bruissement des platanes, au bout de la petite ville inco
LA POÉSIE
Ciel égal à la première heure du jour et à la première heure du soir, blancheur éclatante où je me grave, à laquelle je me confie, légèreté de perle autour de mon front.
Est-ce l´aube ou le crépuscule?
En cette transparence, en cette incandescence de ciel, ma forme de femme a un tressaillement, oh! que ne trouble pas la suave immuabilité de l´heure…
Un prodige s´est accompli dans le long espace qui peut-être fut la nuit, et peut-être le grand jour.
Accompli insensiblement, tandis que j´étais en passion et en méditation, nature animée, et contre moi l´esprit mâle, si proche et si détaché, agissant, constructeur et destructeur, m´offrait loyalement des armes pour le combatre, et les confessions se croisaient, nous déchiraient.
Je murmurais dans les trèves:
"Si je vous ressemble, frères, je souffre!
" Si je vous ressemble, vous ne m´aimez pas!
"Si je vous ressemble, pourquoi suis-je née?
Des caractères d'éternité étaient dans l´aventure.
Ma force aurait pu périr, mes yeux auraient pu s´obscurcir, quelques maladies me pénétrer: mais non, je n´étais pas Philoctète; et la justice cachée, celle qui m´a créée comme dans un rêve, ne sera donc jamais satisfaite?
Des vallons sonores de vent frémissaient, de hautes vallées d´allégresse ou d´angoisse.
Je m´ajoutais, avec mes paroles immolatrices, aux choses de ta terre, aux oeuvres, à l'histoire de la douleur et de l´amour. Cette image que je créais semblait peu à peu m'effacer de la vie.
Long. ah! long passage de la larve au mythe!
Et la réalité de mon être, et la liberté crue et poursuivie et mon âge accompli?
Les fibres maternelles tressaillent.
Le monde est clair avec un visage reco
Moi!
Tandis que je répondais à la téméraire attente du silence et croyais ainsi brûler toute dans un récit sacrilège, prodigieusement, à côté de mes paroles de viol, d´autres me frôlaient, se modulaient en moi, trépidaient, s'élevaient, brèves, dansantes, presque filles de mon âme délivrée…
En dansant, elles me découvraient la grâce ce qui m'est le plus étranger ou cruel, et la valeur de l'instant le plus léger ou le plus nu, et la sainteté des abîmes qui ne peuvent être comblés.
En dansant elles jetaient des ponts, oh! regards de loin. oh! brasiers de roses dans le ciel!
Rythme, Adolescence retrouvée, Joie de la couleur, Yeux verts de soleil sur le gravier mouillé, Bloc de turquoise immense de l´onde, Blondeurs des cirrus et des rochers, Joie rosée des toits; Couleur, rythme, Comme une blanche et noire hirondelle, L´âme te sillo
Fraîche puissance surgie en moi, pour se superposer à moi, pour me survivre!
Yeux étoilés ouverts sur la divinité candide de l´air!
Poésie, plus chère que toute larme bénie, même si dans ton prisme, apparaît mon allure frôlant la mort!
Chose de perle, aussi, la mort, pénétrée de lumière.
La respiration soumise, je me rapproche de tout ce qui se tait en pureté, je m´identifie avec le sourire discret de la bonté.
Ile de Corse, 1912.
Ile de Capri, 1918.