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– En voilà assez, dit Bressac sans que j’eusse encore reçu un seul coup, en voilà assez pour qu’elle nous co
Déjà rhabillée, à peine trouvais-je des expressions pour remercier mon bienfaiteur, je me jetai à ses pieds… j’embrassais ses genoux, je lui faisais tous les serments possibles d’une bo
– Marchons, dit M. de Bressac, c’est votre conduite qui parlera pour vous et c’est elle seule qui réglera votre sort.
Nous cheminâmes. Jasmin et son maître causaient ensemble, et je les suivais humblement sans mot dire; une petite heure nous rendit au château de Mme la comtesse de Bressac et la magnificence des entours me fit voir que quelque poste que je dusse remplir dans cette maison-ci, il serait assurément plus lucratif pour moi que celui de la gouvernante en chef de M. et de Mme Du Harpin. On me fit attendre dans un office où Jasmin me fit très ho
Mme de Bressac était une femme de quarante-cinq ans, très belle encore et qui me parut fort ho
Le marquis de Bressac m’ordo
– Votre candeur et votre naïveté, me dit Mme de Bressac, ne me permettent pas de douter de votre i
Je me jetai aux pieds de Mme de Bressac, je l’assurai qu’elle n’aurait jamais lieu que d’être contente de moi et dès l’instant je fus installée chez elle sur le pied de sa seconde femme de chambre. Au bout de trois jours les informations qu’avait faites Mme de Bressac à Paris arrivèrent telles que je pouvais les désirer, et toutes les idées de malheur s’évanouirent enfin de mon esprit pour n’être plus remplacées que par l’espoir des plus douces consolations qu’il dût m’être permis d’attendre; mais il n’était pas écrit dans le ciel que la pauvre Sophie dût jamais être heureuse, et si quelques moments de calme naissaient fortuitement pour elle, ce n’était que pour lui rendre plus amers ceux d’horreur qui devaient les suivre.
A peine fûmes-nous à Paris que Mme de Bressac s’empressa de travailler pour moi. Le premier président voulut me voir, il écouta mes malheurs avec intérêt, la coquinerie de Du Harpin mieux approfondie fut reco
Il est aisé d’imaginer combien de tels procédés m’attachaient à Mme de Bressac; n’eût-elle pas eu d’ailleurs pour moi toute sorte de bontés, comment de pareilles démarches ne m’eussent-elles pas liée pour jamais à une protectrice aussi précieuse? Il s’en fallait bien pourtant que l’intention du jeune marquis de Bressac fût de m’enchaîner aussi intimement à sa mère; indépendamment des désordres affreux du genre que je vous ai peint, dans lequel se plongeait aveuglément ce jeune homme bien plus à Paris qu’à la campagne, je ne fus pas longtemps à m’apercevoir qu’il détestait souverainement la comtesse. Il est vrai que celle-ci faisait tout au monde ou pour arrêter ses débauches ou pour les contrarier, mais comme elle y employait peut-être un peu trop de rigueur, le marquis, plus enflammé par les effets mêmes de cette sévérité, ne s’y livrait qu’avec plus d’ardeur, et la pauvre comtesse ne retirait de ses persécutions que de se faire souverainement haïr.
– Ne vous imaginez pas, me disait très souvent le marquis, que ce soit d’elle-même que ma mère agisse dans tout ce qui vous intéresse; croyez, Sophie, que si je ne la harcelais à tout instant, elle se ressouviendrait à peine des soins qu’elle vous a promis; elle vous fait valoir tous ses pas, tandis qu’ils n’ont été faits que par moi. J’ose le dire, c’est donc à moi seul que vous devez quelque reco
Ces discours me paraissaient si obscurs, que je ne savais comment y répondre; je le faisais pourtant à tout hasard et peut-être avec trop de facilité.
C’est ici le moment de vous apprendre, madame, le seul tort réel que j’ai eu à me reprocher de ma vie… que dis-je un tort, une extravagance qui n’eut jamais rien d’égal… mais au moins ce n’est pas un crime, c’est une simple erreur qui n’a puni que moi et dont il ne me paraît pas que la main équitable du ciel ait dû se servir pour m’entraîner dans l’abîme qui s’ouvrait insensiblement sous mes pas. Il m’avait été impossible de voir le marquis de Bressac sans me sentir entraînée vers lui par un mouvement de tendresse que rien n’avait pu vaincre en moi. Quelques réflexions que je fisse sur son éloignement pour les femmes, sur la dépravation de ses goûts, sur les distances morales qui nous séparaient, rien, rien au monde ne pouvait éteindre cette passion naissante et si le marquis m’eût demandé ma vie, je la lui aurais sacrifiée mille fois, croyant encore ne rien faire pour lui. Il était loin de soupço