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– Écoute, Sophie, me dit-il avec le flegme apparent de la tranquillité, j’ai trouvé un moyen plus sûr que celui que je t’avais proposé pour venir à bout de mes projets, mais cela demande du détail; je n’ose aller si souvent dans ta chambre, je crains les yeux de tout le monde; trouve-toi à cinq heures précises au coin du parc, je t’y prendrai, et nous irons faire ensemble une grande promenade pendant laquelle je t’expliquerai tout.
Je l’avoue, soit permission de la providence, soit excès de candeur, soit aveuglement, rien ne m’a
Le parjure est vertu quand on punit le crime
a dit un de nos poètes tragiques, mais le parjure est toujours odieux pour l’âme délicate et sensible qui se trouve obligée d’y avoir recours; mon rôle m’embarrassait, ça ne fut pas long. Les odieux procédés du marquis, en me do
– B…, me dit-il sans que les jeunes gens pussent l’entendre encore, reco
Alors le marquis me conta tout ce qu’il avait fait pour surprendre les dépêches du courrier et quels étaient les soupçons qui l’y avaient engagé.
– Qu’as-tu fait par ta fausseté, indigne créature? continua-t-il, tu as risqué tes jours sans conserver ceux de ma mère, le coup est fait et j’espère à mon retour voir mes succès amplement couro
Et sans me do
– La voilà, leur dit-il, celle qui a voulu empoiso
L’ordre fut presque aussitôt exécuté que do
– Eh bien, catin, me dit-il en m’observant avec cette espèce de dégoût qui suit le délire des passions, trouves-tu que la vertu te coûte un peu cher, et deux mille écus de pension ne valaient-ils pas bien cent coups de nerf de bœuf?…
Je me jetai au pied de l’arbre, j’étais prête à perdre co
– Je suis bien bon de te sauver la vie, répéta-t-il deux ou trois fois, prends garde au moins à l’usage que tu feras de mes nouvelles bontés…
Alors il m’ordo
Cependant il se promenait en long et en large et me laissait faire, plus occupé de ses idées que de moi. Le gonflement de mes chairs, le sang qui coulait encore, les douleurs affreuses que j’endurais, tout me rendit presque impossible l’opération de me rhabiller et jamais l’homme féroce auquel j’avais affaire, jamais ce monstre qui venait de me mettre dans ce cruel état, lui pour lequel j’aurais do
– Allez où vous voudrez, me dit-il, il doit vous rester de l’argent dans votre poche, je ne vous l’ôte point, mais gardez-vous de reparaître chez moi ni à Paris, ni à la campagne. Vous allez publiquement passer, je vous en avertis, pour la meurtrière de ma mère; si elle respire encore, je vais lui faire emporter cette idée au tombeau; toute la maison le saura; je vous dénoncerai à la justice. Paris devient donc d’autant plus inhabitable pour vous que votre première affaire que vous y avez crue terminée n’a été qu’assoupie, je vous en préviens. On vous a dit qu’elle n’existait plus, mais on vous a trompée; le décret n’a point été purgé; on vous laissait dans cette situation pour voir comment vous vous conduiriez. vous avez donc maintenant deux procès au lieu d’un, et à la place d’un vil usurier pour adversaire un homme riche et puissant, déterminé à vous poursuivre jusqu’aux enfers, si vous abusez par des plaintes calomniatrices de la vie que je veux bien vous laisser.
– Oh, monsieur, répondis-je, quelles qu’aient été vos rigueurs envers moi, ne craignez rien de mes démarches; j’ai cru devoir en faire contre vous quand il s’agissait de la vie de votre mère, je n’en entreprendrai jamais quand il ne s’agira que de la malheureuse Sophie. Adieu, monsieur, puissent vos crimes vous rendre aussi heureux que vos cruautés me causent de tourments, et quel que soit le sort où le ciel vous place, tant qu’il daignera conserver mes déplorables jours, je ne les emploierai qu’à l’implorer pour vous.