Добавить в цитаты Настройки чтения

Страница 60 из 61

Et je regretterais de quitter ce monde! me dis-je dès que je fus seule. Je craindrais d'abando

Le lendemain, je n'entendis parler de rien, et résolue de m'abando

– Bon, dit Cardoville, il ne m'en faut pas davantage: ce M. de Saint-Florent, que vous avouez co

Et Cardoville, profitant du dépit et de la colère où me portaient d'aussi atroces calomnies, ordo

Je me précipite à terre, je fais retentir la voûte de mes cris, je frappe ma tête contre les carreaux, à dessein d'y trouver une mort plus prompte, et ne rencontrant pas d'expressions à ma rage:

– Scélérat, m'écriai-je, je m'en rapporte au Dieu juste qui me vengera de tes crimes, il démêlera l'i

Cardoville so

L'affaire alla bon train, conduite par la haine, la vengeance et la luxure; je fus promptement condamnée et conduite à Paris pour la confirmation de ma sentence. C'est dans cette route fatale, et faite, quoique i

Un usurier, dans mon enfance, veut m'engager à commettre un vol; je le refuse: il s'enrichit. Je tombe dans une bande de voleurs, je m'en échappe avec un homme à qui je sauve la vie: pour ma récompense, il me viole. J'arrive chez un seigneur débauché qui me fait dévorer par ses chiens, pour n'avoir pas voulu empoiso

Voilà ce que les hommes m'ont fait éprouver, voilà ce que m'a appris leur dangereux commerce; est-il éto

Mille excuses, madame, dit cette fille infortunée en terminant ici ses aventures; mille pardons d'avoir souillé votre esprit de tant d'obscénités, d'avoir si longtemps, en un mot, abusé de votre patience. J'ai peut-être offensé le ciel par des récits impurs, j'ai renouvelé mes plaies, j'ai troublé votre repos. Adieu, madame, adieu; l'astre se lève, mes gardes m'appellent, laissez-moi courir à mon sort, je ne le redoute plus, il abrégera mes tourments. Ce dernier instant de l'homme n'est terrible que pour l'être fortuné dont les jours se sont écoulés sans nuages; mais la malheureuse créature qui n'a respiré que le venin des couleuvres, dont les pas chancelants n'ont pressé que des ronces, qui n'a vu le flambeau du jour que comme le voyageur égaré voit en tremblant les sillons de la foudre; celle à qui ses cruels revers ont enlevé parents, amis, fortune, protection et secours; celle qui n'a plus dans le monde que des pleurs pour s'abreuver et des tribulations pour se nourrir; celle-là, dis-je, voit avancer la mort sans la craindre, elle la souhaite même comme un port assuré où la tranquillité renaîtra, pour elle, dans le sein d'un Dieu trop juste pour permettre que l'i

L'ho

– Mademoiselle, dit-elle à Justine, il est difficile de vous entendre sans prendre à vous le plus vif intérêt; mais faut-il l'avouer? un sentiment inexplicable, bien plus tendre que je ne vous le peins, m'entraîne invinciblement vers vous et fait mes propres maux des vôtres. Vous m'avez déguisé votre nom, vous m'avez caché votre naissance; je vous conjure de m'avouer votre secret; ne vous imaginez pas que ce soit une vaine curiosité qui m'engage à vous parler ainsi… Grand Dieu! ce que je soupço

– Justine! madame, quel nom!

– Elle aurait aujourd'hui votre âge…

– Juliette! est-ce toi que j'entends? dit la malheureuse priso

Et les deux sœurs, étroitement serrées dans les bras l'une de l'autre, ne s'entendaient plus que par leurs sanglots, ne s'exprimaient plus que par leurs larmes.

M. de Corville ne put retenir les sie

– Approchez, créature trop infortunée, dit alors M. de Corville à l'intéressante cœur de Mme de Lorsange, approchez, tout va changer pour vous; il ne sera pas dit que vos vertus restent toujours sans récompense, et que la belle âme que vous avez reçue de la nature n'en rencontre jamais que de fer: suivez-nous, ce n'est plus que de moi que vous dépendez…

Et M. de Corville explique en peu de mots ce qu'il vient de faire.

– Homme respectable et chéri, dit Mme de Lorsange en se précipitant aux genoux de son amant, voilà le plus beau trait que vous ayez fait de vos jours; c'est à celui qui co