Как сделать детектив


Как сделать детектив

Сборник

Артур Конан Дойл

Кое-что о Шерлоке Холмсе

Тут в самый раз поведать читателю нечто, что может его заинтересовать по поводу моего персонажа, снискавшего самую скандальную славу.

Впечатление о Холмсе как о реальном человеке из плоти и крови укрепилось, должно быть, благодаря тому, что он многократно появлялся на подмостках. После того как сошла со сцены арендованного мною на полгода театра моя же инсценировка «Родни Стоун», я преисполнился решимостью действовать дерзко и со всей присущей мне энергией, ибо пустой зал был для меня смерти подобен. Сообразив, какой оборот принимает дело, я ушел в себя и без остатка подчинил свои мысли созиданию сенсационной пьесы о Шерлоке Холмсе. Я написал ее в неделю и озаглавил «Пестрая лента» — по одноименному рассказу. Без преувеличения скажу, что не прошло и полмесяца после провала постановки, а мы уже дружно репетировали вторую. Успех ее оказался весьма значительным. Лин Хардинг в роли…

Le mariage de Fantômas (Свадьба Фантомаса)


PIERRE SOUVESTRE

ET MARCEL ALLAIN

LE MARIAGE

DE FANTÔMAS

17

Arthème Fayard

1912

Cercle du Bibliophile

1970-1972

1 – LES DEUX VIES DE DELPHINE

— Bonsoir, mademoiselle.

— Bonsoir, m’sieu, vous m’offrez quelque chose ?

— Ma foi, je ne dis pas non. On verra tout à l’heure.

Cette réponse était faite par un homme d’une cinquantaine d’années environ, élégant, à la carrure imposante, dont le visage s’ornait d’une barbe grise majestueuse. Une petite femme, celle avec qui avait eu lieu ce rapide colloque, pivota sur ses patins et s’en alla de nouveau décrire des courbes sur la piste.

Il y avait foule ce soir-là au skating de l’avenue Malakoff, une foule cosmopolite, élégante, de rastaquouères, de gens du monde, de femmes faciles et de désœuvrés.

La petite femme, après un « huit », revint interroger son interlocuteur :

— Alors, disait-elle, vous …

L’agent secret (Секретный агент)


PIERRE SOUVESTRE

ET MARCEL ALLAIN

L’AGENT

SECRET

4

Arthème Fayard

1911

Cercle du Bibliophile

1970-1972

1 – MORT SUBITE

Impatientée, la jeune femme qui achevait de s’habiller fit une moue maussade et se retournant à demi :

— Eh bien, mon capitaine, s’écria-t-elle, on voit que tu n’as pas l’habitude des femmes !

L’amant de la jolie fille, un homme de quarante ans, au front large, orné d’un cheveu rare, fumait une cigarette de tabac d’Orient, étendu sur un divan au fond de la chambre à coucher.

Il se leva comme mû par un ressort.

Il se précipita dans le cabinet de toilette et en rapporta une petite coupe en onyx où se trouvait un assortiment complet d’épingles de toutes tailles.

— Voilà, ma jolie Bobinette, dit-il.

D’un sourire, celle-ci le remercia et ayant puisé dans la coupe continua tranquillement à se vêtir.

C’était une belle r…

La livrée du crime (Преступная ливрея)


PIERRE SOUVESTRE

ET MARCEL ALLAIN

LA LIVRÉE

DU CRIME

13

Arthème Fayard

1912

Cercle du Bibliophile

1970-1972

1 – LES HABITANTS DE LA VILLA SAÏD

— Qui demande-t-on ? Ah c’est vous, mademoiselle. Donnez-vous donc la peine d’entrer.

— Mais non, madame, je ne veux pas être indiscrète.

— Vous ne le serez pas, ma petite, et puis c’est une façon de faire connaissance, entrez. Vous accepterez bien de prendre le café avec nous ?

La personne ainsi interpellée demeura un instant hésitante sur le pas de la porte d’un élégant petit pavillon tout entouré de lierre situé à l’entrée de la villa Saïd, joli square rempli de maisons élégantes, entouré de jardins à l’anglaise, à l’extrémité de l’avenue du Bois de Boulogne, entre celle-ci et le chemin de fer de ceinture.

De l’intérieur de la maison, la voix aimable reprenait :

— Entrez donc. On sera très heureux …

Les souliers du mort (Ботинки мертвеца)


PIERRE SOUVESTRE

ET MARCEL ALLAIN

LES SOULIERS

DU MORT

20

Arthème Fayard

1912

Cercle du Bibliophile

1970-1972

 

Révision et Annotations

de PMV

2012

1 – LES PROJETS MYSTÉRIEUX

— Cher monsieur Gauvin, vous prendrez bien une tasse de café ?

— Madame, vous êtes trop aimable, mais je refuse. Le café est un excitant, il me porte terriblement sur les nerfs et je serais sûr de ne pas fermer l’œil ce soir.

— Oh voyons, il est deux heures de l’après-midi. Cela ne peut véritablement pas vous faire mal.

— Si, madame, si !

— Alors je n’insiste pas. Mais vous, monsieur Théodore ?

— J’accepte, madame, quand ce ne serait que pour voir le joli geste que vous aurez pour me servir.

— On n’est pas plus galant !

La jeune femme qui offrait ainsi le café à ses deux invités : M e Gauvin, un not…

Le Voleur d’Or (Золотой вор)


Pierre Souvestre et Marcel Allain

Le Voleur d’Or

FANTÔMAS 28

(1913 – Arthème Fayard)

BOUQUINS – ROBERT LAFFONT

I

Vers le drame

La clef tourna dans la serrure, il était six heures et demie du soir environ, Léon Drapier rentrait chez lui.

À peine avait-il franchi la porte faisant communiquer avec l’escalier l’appartement qu’il habitait rue de l’Université – un vaste appartement au troisième étage – que sa femme Eugénie apparut à l’extrémité de la galerie.

Elle avait passé la tête, de derrière une tenture, pour s’assurer que le bruit qu’elle avait entendu était bien produit par l’arrivée de son mari.

Lorsqu’elle se fut rendu compte qu’elle ne se trompait point, M me Drapier vint à la rencontre de son époux.

Elle lui demanda :

— Tu sais la nouvelle, Léon ?

M. Drapier qui, à ce moment, ôtait son pardessus et l’accrochait dans l’antichambre au-dessous de son chapeau, haussa les épaules…

La disparition de Fandor (Исчезновение Фандора)


PIERRE SOUVESTRE

ET MARCEL ALLAIN

LA DISPARITION

DE FANDOR

16

Arthème Fayard

1912

Cercle du Bibliophile

1970-1972

1 – UNE SÉRIE DE PETITS MYSTÈRES

— Quelle heure est-il ?

— Huit heures cinq.

— Mais non, je te répète qu’il n’est que huit heures moins dix. Ta montre avance.

— Pas du tout. C’est la tienne qui retarde.

— C’est charmant. Il suffit que je te dise une chose pour que tu soutiennes le contraire.

— Et puis, tiens, je préfère ne pas te répondre ! Tu voudrais avoir le dernier mot et ça ne finirait plus.

À cette sage décision succéda un silence.

Les deux interlocuteurs se boudèrent provisoirement ; c’étaient Timoléon Fargeaux et sa femme Delphine. Les époux, en tête-à-tête dans le salon de leur vieux château de Garros, attendaient avec nervosité et anxiété.

Il était, l’un et l’autre l’avaient soutenu, huit heures du soi…

Le magistrat cambrioleur (Служащий-грабитель)


PIERRE SOUVESTRE

ET MARCEL ALLAIN

LE MAGISTRAT

CAMBRIOLEUR

12

Arthème Fayard

1912

Cercle du Bibliophile

1970-1972

1 – DES BIJOUX DISPARAISSENT

À peine un tilbury d’assez bonne mine, conduit par un cocher portant une livrée modeste, avait-il fait son apparition sur la grande place déserte de Saint-Calais, que le marquis Maxime de Tergall qui jusqu’alors fumait d’un air désœuvré à la terrasse de l’ Hôtel Européen, se leva brusquement, traversa la petite salle, se dirigeant vers l’escalier qui conduisait aux étages.

Maxime de Tergall marchait à grands pas et pourtant, dans son attitude, on devinait un certain embarras.

Il mit la main sur le bouton d’une porte, parut hésiter quelques secondes, puis se décidant à ouvrir, passa la tête :

— Vous êtes prête, Antoinette ? Voilà la voiture.

Une voix répondit, maussade :

— Je suis prête. Oui.

La guêpe rouge (Красная оса)


PIERRE SOUVESTRE

ET MARCEL ALLAIN

LA GUÊPE

ROUGE

19

Arthème Fayard

1912

Cercle du Bibliophile

1970-1972

 

Révision et Annotations

de PMV

2012

1 – LA DAME AUX CHEVEUX BLANCS

— Et maintenant, que la fête commence ! Brigitte, versez-nous le champagne.

La domestique, une jeune servante à la mine délurée, assistait, attentive, au repas de ses maîtres. Elle rougit imperceptiblement en recevant cet ordre qu’elle exécuta aussitôt. Le vin mousseux pétilla dans les verres des convives.

Ils étaient trois, M. et M me de Keyrolles, qui recevaient à dîner, ce soir-là, leur jeune neveu, Jacques Faramont.

M. Louis de Keyrolles, gros homme d’une cinquantaine d’années, au visage jovial, au ventre bedonnant, se leva, et, levant son verre d’un geste aimable et gracieux, il salua d’abord, par-dessus la table, sa fe…

L’évadée de Saint-Lazare (Побег из Сен-Лазар)


PIERRE SOUVESTRE

ET MARCEL ALLAIN

L’ÉVADÉE DE

SAINT-LAZARE

15

Arthème Fayard

1912

Cercle du Bibliophile

1970-1972

1 – UNE VOCATION

La maison flambait toujours. D’abord on avait pu croire au triomphe complet des pompiers sur l’incendie, les ruines avaient paru définitivement éteintes. Puis, le feu était revenu insidieusement et le subtil ennemi, à nouveau, envahissait le champ de bataille, à nouveau tout rougeoyait et dans l’âcre fumée s’échappant des pans de murs écroulés, des langues de flammes apparaissaient par moment qui montaient en tourbillonnant vers le ciel.

Aussi bien cela avait peu d’importance. De la maison à six étages où logeait depuis tant d’années le grand policier Juve, il ne restait qu’une façade à moitié effondrée, des monceaux de pierre calcinée. Toute la nuit, les pompiers avaient combattu le feu qui couvait, et au matin, avait retenti l’ordre :…